- Lorsque les jeunes rapportent un soutien parental plus important et moins de tensions, ils ont tendance à rapporter moins d'expériences difficiles vécues pendant l'enfance, en particulier les abus émotionnels, les abus sexuels et la négligence.
- Cette association est modeste avec le soutien des amis et des partenaires amoureux.
- Le stress scolaire prédit de légères augmentations des déclarations d'abus émotionnels et de négligence.
Plus on se sent soutenu, moins on voit les cicatrices. C’est ce que suggère une étude publiée dans la revue Child Abuse & Neglect. Dans le cadre de celle-ci, des chercheurs de l'université d'État du Michigan (États-Unis) ont voulu savoir si le soutien parental permet d’adoucir les souvenirs d’une enfance compliquée. Pour examiner les fluctuations des expériences négatives vécues pendant l’enfance et leur association avec la qualité des relations et le stress scolaire au début de l’âge adulte, l’équipe a recruté 938 jeunes adultes âgés de 19 ans en moyenne. Les participants, suivis pendant deux mois, ont rempli trois questionnaires sur leurs souvenirs d’enfance avant leur 18ème anniversaire. À chaque fois, ils ont décrit les expériences difficiles, leurs relations actuelles avec leurs parents, leurs amis et leurs partenaires amoureux.
Moins de souvenirs des difficultés d’enfants chez les jeunes qui se sentent soutenus par leurs parents
Les résultats ont montré que si les récits des difficultés vécues pendant l'enfance restaient stables, des différences significatives sont apparues dans les réponses des volontaires au cours des huit semaines de l'étude. Un soutien parental supérieur à la normale et moins de tensions relationnelles prédisaient un nombre réduit de souvenirs traumatisants déclarés, en particulier pour les abus émotionnels, les abus sexuels et la négligence. Le soutien des amis et des partenaires amoureux était plus modestement associé à un nombre réduit d'expériences difficiles vécues pendant l'enfance. En revanche, le stress scolaire prédisait de légères augmentations des déclarations d'abus émotionnels et de négligence. "Cela ne signifie que la mémoire fonctionne comme elle le fait : elle intègre les expériences passées à leur signification actuelle", a expliqué William Chopik, auteur principal des travaux.
"Prendre en compte les petites différences dans les récits"
Selon les auteurs, la prise en compte de la double nature de ces souvenirs permettra d'améliorer l'interprétation des expériences traumatiques vécues pendant l'enfance, tant dans le cadre de la recherche que dans la pratique clinique. "Que ce soit dans les questionnaires de recherche ou lors des entretiens cliniques, les gens font souvent part de leurs expériences traumatiques vécues pendant l'enfance. Prendre en compte ces petites différences dans les récits peut encourager une utilisation plus réfléchie de ces outils d'évaluation pour prédire la santé mentale, le bien-être et le parcours de vie", a conclu Annika Jaros, qui a participé aux recherches.


