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Plus de 300 000 grossesses étudiées

La PMA double les risques de prématurité et de fausse-couche

Les grossesses issues d'aide à la procréation ont un risque accru de complications. Les techniques de PMA ne sont pas en cause mais ces grossesses doivent être plus surveillées que les autres. 

La PMA double les risques de prématurité et de fausse-couche MELANIE FREY/JDD/SIPA

  • Publié 13.01.2014 à 07h00
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Parmi les enfants qui naissent chaque jour en France, 1 sur 40 a été conçu avec l’aide de la médecine. La procréation médicalement assistée (PMA) est donc devenue presque banale mais des inquiétudes demeurent concernant d’éventuelles complications induites par ces techniques.

 

Une équipe australienne s’est penchée sur plus de 300 000 grossesses non multiples menées entre 1986 et 2002. Parmi elles, 2000 étaient survenues spontanément mais tardivement chez des couples diagnostiqués comme ayant un trouble de la fertilité et 6000 avaient bénéficié d’un coup de pouce de la médecine : un don d’ovocyte, un transfert de gamètes dans les trompes de Fallope (GIFT), une fécondation in vitro (FIV) ou l’injection in vitro d’un spermatozoïde dans l’ovule au moyen d’une micro-pipette (ICSI). Toutes techniques confondues, les risques de fausse couche, de prématurité et de petit poids à la naissance sont multipliés par 2 en cas de grossesse médicalement assistée par rapport à une grossesse spontanée.

 

Ecoutez le Dr Joëlle Belaïsch-Allart, chef du service Gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction, hôpital de Sèvres (92) : « Les femmes qui ont recours à la PMA sont ex-infertiles et plus âgées. Or, ce sont deux facteurs de grossesses plus compliquées ».

 

L’étude australienne détaille également les résultats technique par technique et l’augmentation des risques de fausse couche, de prématurité et de petit poids à la naissance disparaît lorsque les embryons sont congelés avant d’être transférés. « Ce ne sont pas toutes les femmes qui ont des embryons congelés, ce sont les plus jeunes et les meilleurs cas. Donc là encore, ce n’est pas la technique mais l’âge de la mère qui fait que la grossesse se passe mieux », explique la gynécologue. Elle souligne également que les données de l’étude s’arrêtent en 2002 alors que les techniques ont encore progressé depuis. « On fait désormais de la culture prolongée, c’est à dire que le transfert dans l’utérus de la femme a lieu plus tard et qu’il y a plus de chance que ce soit un embryon unique. On limite donc les risques liés aux grossesses gémellaires », précise-t-elle. Pour une grossesse après FIV menée en 2014, les risques ne sont donc probablement plus doublés par rapport à une grossesse normale.

 

Des grossesses pas tout à fait comme les autres

« Ce genre d’études ne doit pas affoler les couples, seulement rappeler que si les enfants de la PMA sont normaux, les grossesses, elles, ne sont pas tout à fait normales et un peu plus à risque que les autres », insiste la spécialiste.

 

Ecoutez le Dr Joëlle Belaïsch-Allart : « Peut-être a-t-on trop tendance à banaliser ces grossesses. Il est bon de rappeler que oui, il faudra sûrement partir en congé plus tôt, adapter sa vie quotidienne et éviter les déplacements excessifs ».

 

Les 22 000 grossesses médicalement assistées qui surviennent chaque année en France doivent donc être également médicalement surveillées.

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