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Inflammation

Contre la démence, l’effet protecteur de la graisse beige !

Par Camille Sabourin

La graisse beige diminuerait l'inflammation associée à la graisse blanche, et protégerait ainsi de la démence.

Dr_Microbe / iStock
Dans le monde, 50 millions de personnes sont atteintes de démence.
La maladie d’Alzheimer serait à l’origine de 60 à 70 % des cas de démence.

Les cellules graisseuses beiges, que l’on trouve mélangées aux cellules graisseuses blanches sous-cutanées, protégeraient le cerveau. Ces conclusions, publiées dans la revue Nature Communications, nous apprennent que les personnes à morphologie en forme de poire, dont la masse graisseuse est généralement mieux répartie sur le corps, sont moins sujettes aux pathologies cardio-métaboliques, telles que les maladies cardiaques et le diabète, ainsi qu’au déclin cognitif. Les individus dont la forme évoque davantage une pomme ont de la graisse qui s'accumule vers le milieu du corps et souvent autour des organes internes tels que le foie dans la cavité abdominale, ce qui privilégie les "mauvaises graisses", lesquelles accroissent les risques de démence.

Les adipocytes beiges améliorent la mémoire

D’après l'étude, les cellules graisseuses (ou adipocytes) beiges semblent être "indispensables” aux fonctions neuroprotectrices et anti-inflammatoires de la graisse sous-cutanée. Sans elles, la graisse sous-cutanée commence à agir comme la graisse viscérale, en cause dans le déclenchement de l’inflammation cérébrale qui dégrade la cognition et peut provoquer l'apparition de la démence. Ce type de graisse est surtout composé d’adipocytes blancs, qui emmagasinent de l'énergie sous forme de triglycérides, et il accroît également le risque de maladie cardiaque et d'accident vasculaire cérébral.

En pratiquant des expériences sur des souris, les scientifiques ont découvert que les animaux privés de graisses beiges présentaient un dysfonctionnement cognitif accéléré et une réponse inflammatoire plus importante lorsqu'elles étaient soumises à un régime riche en graisses. Dans une autre expérience, la transplantation de graisse sous-cutanée d’individus sains chez des souris obèses a amélioré leur mémoire. Les connexions entre les neurones de l'hippocampe (une zone associée à l'apprentissage et à la mémoire) ont été rétablies, et plus il y avait d’adipocytes beiges ajoutés à la graisse sous-cutanée, plus le nombre de connexions restaurées était important.

Prédire le risque de démence

Ces informations amènent les chercheurs à croire que le risque de démence peut être prédit en étudiant la composition des graisses sous-cutanées. Y apporter des modifications pourrait même faire diminuer le risque de démence. De plus, des recherches antérieures font penser que cela peut être réalisé en exposant les patients à différentes températures ou par la pratique d’une activité physique intensive.