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Téléphone, ordinateur, jeux vidéos...

Obésité infantile : l’activité physique contrebalance les risques en cas d’usage intensif des écrans

Par Mégane Fleury

Les enfants qui utilisent régulièrement les outils numériques sont exposés à un risque plus élevé d’obésité à l’adolescence. La pratique régulière d’une activité physique les protège de cet effet secondaire délétère. 

junpinzon/istock
En 2016, 124 millions d’enfants et d’adolescents étaient obèses.
Selon l’OMS, 5 millions de décès pourraient être évités chaque année, si la population mondiale était plus active.
Plus de 80% des adolescents ont une activité physique insuffisante.

Les écrans sont l’ennemi du moment : ils nuisent au sommeil, nous rendent plus sédentaires voire dégradent notre vue. Pour les enfants, une utilisation trop importante est encore plus risquée : elle augmente le risque d’obésité à l’adolescence. Des chercheurs finlandais ont trouvé une solution pour les en protéger. Dans Journal of Physical Activity and Health, ils expliquent que la pratique d’une activité physique plusieurs heures par semaine chez les enfants de 11 ans permet de diminuer le risque d’obésité à 14 ans. 

Lutter contre les effets des écrans 

Les auteurs de cette recherche rappellent que l’obésité des enfants et des adolescents fait aujourd’hui partie des menaces mondiales liées à la santé. Pour analyser les effets de l’utilisation des écrans, et de l’activité physique sur ce phénomène, ils ont recruté plus de 4 500 enfants. Chacun d’entre eux a fourni des informations aux chercheurs : le temps passé sur les outils digitaux (consoles, ordinateurs, téléphones, etc), et celui consacré à des activités physiques, réalisées en dehors de l’école. Mais d’autres données ont aussi été observées comme la prévalence de l’obésité selon différents âges. Selon les conclusions de chercheurs, une forte utilisation des outils digitaux à 11 ans est associée à un risque plus élevé d’obésité à 14 ans. Cette conclusion était uniquement valable pour les enfants consacrant moins de six heures par semaine à l’activité physique, sur leur temps de loisirs. Ceux passant six heures ou plus à pratiquer ce type d’activité en dehors de l’école, même s’ils passaient autant de temps devant des écrans, n’étaient pas exposés à un risque plus élevé d’obésité. 

De nouvelles recommandations ? 

L’étude s’est aussi intéressées aux habitudes alimentaires des enfants et à leur quantité de sommeil, s’ils peuvent avoir un impact sur le risque d’obésité, dans cette étude, les effets de l’activité physique sont plus importants. "Les effets de l’activité physique sur l’association entre l’utilisation des outils digitaux et l’obésité n’avaient pas été observés dans des études de suivi sur le long terme", souligne Elina Engberg, l’une des autrices de l’étude. Avec son équipe, elle souhaite poursuivre ses recherches pour déterminer le niveau d’activité physique minimal nécessaire pour réduire les risques d’obésité, en cas de forte utilisation des écrans, mais aussi le seuil à partir duquel l’usage des outils digitaux accroît le risque d’obésité. L’Organisation mondiale de la santé recommande aux enfants de pratiquer au moins 60 minutes d’activité physique par jour. "Le temps de sédentarité devrait être limité, en particulier le temps de loisir passé devant un écran", précise-t-elle. En France, le Programme national nutrition santé fournit quelques astuces pour bouger davantage au quotidien : "Les enfants ne doivent pas obligatoirement faire du sport, l’idée est plutôt de leur donner chaque jour les moyens d’être actif : jeux de ballon, jeux en plein air (toboggan, balançoire…), balade en famille, sortie à vélo ou encore parcours de santé, indique le site. Participez à ces jeux avec votre enfant, cela vous permettra aussi de bouger plus."