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Vaccination contre le HPV

Papillomavirus : l’Australie sur le point d’éradiquer le cancer du col de l’utérus

Par Mathilde Debry

Grâce à ses politiques de santé publique, l'Australie est en passe d'éradiquer le cancer du col de l'utérus, principalement dû au  papillomavirus. De quoi inspirer l'Hexagone. 

RyanKing999 /istock

L’Australie est en train d’éradiquer le cancer du col de l’utérus. Selon une nouvelle recherche publiée dans The Lancer Public Health, l’objectif sera atteint dans les 20 prochaines années. "Il est probable que l'Australie soit le premier pays à atteindre le seuil d’élimination du papillomavirus (VPH)", se félicite Megan Smith, coauteure de l'étude, sur la BBC.

Actuellement, environ sept femmes australiennes sur 100 000 se voient diagnostiquer un cancer du col de l'utérus chaque année. D’ici 2022, ce chiffre pourrait tomber à six sur 100 000, ce qui signifierait que le cancer du col entrerait dans la catégorie des "cancers rares". D'ici 2035, l’incidence serait de quatre pour 100 000 femmes, faisant de la pathologie une maladie quasiment disparue. Ces chiffres reposent bien entendu sur la stabilité des taux de dépistage et de vaccination au cours des prochaines décennies.

Une série de mesures préventives

Les chercheurs attribuent ce succès à une série de mesures préventives, dont le Programme national de dépistage du cancer du col de l'utérus lancé en 1991. Par ailleurs, de nouveaux tests de dépistage du papillomavirus, plus sensibles que les frottis cervico-vaginaux (FCV), les ont remplacé l’année dernière. Enfin et surtout, le programme national de vaccination, proposé aux adolescentes depuis 2007, a été étendu aux jeunes hommes en 2013.  

Chez la majorité des femmes, le virus du papillome humain (VPH) est éliminé par le système immunitaire. Lorsque ce n’est pas le cas, une infection s’installe et cause des lésions précancéreuses, qui peuvent évoluer vers un cancer du col de l'utérus et de la vulve si elles ne sont pas traitées à temps. Selon la même dynamique, le virus peut développer des cancers de l’anus, du pénis, de la gorge et de la bouche chez les hommes, ces deux derniers étant contractés via le sexe oral (et concernent donc aussi potentiellement les femmes homosexuelles).

La meilleure protection

Les préservatifs ne protégeant pas du virus, ce dernier a proliféré ces dernières années, chez les filles comme chez les garçons. Aux Etats-Unis par exemple, la plupart des hommes et des femmes qui ont une vie sexuelle active auront une infection à un moment ou à un autre de leur vie, selon une étude présentée au congrès de la Société américaine de Microbiology. Une centaine de volontaires sains âgés de 18 à 80 ans se sont prêtés à un échantillonnage de cellules de peau, de la cavité buccale, du vagin et du tube digestif. Après analyse ADN, 69% de ces Américains en parfaite santé étaient porteurs du virus VPH, par la peau pour plus des deux tiers et par les organes génitaux pour 41% des volontaires femmes.

La meilleure protection contre le papillomavirus est la vaccination avant infection, toujours chez les hommes et les femmes. Si certains pays comme l'Australie, le Canada ou l'Autriche préconisent la vaccination pour tous les adolescents, quel que soit leur sexe, aucun engagement officiel n'a été pris en ce sens en France.

La vaccination est importante, mais elle ne protège cependant pas contre tous les types de papillomavirus (mais bien contre 70 à 80% d'entre-eux). Pour les femmes, les frottis de dépistage restent donc nécessaires, en plus de la vaccination. Pour les hommes, toutes manifestations anormales au niveau du pénis, de l’anus, de la gorge ou de la bouche doit pousser à consulter. Le papillomavirus peut notamment se manifester via des verrues anogénitales. Les changements précancéreux et cancéreux qui peuvent résulter d'une infection à VPH ne présentant habituellement pas de symptômes visibles, il essentiel de se faire examiner régulièrement.