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Psoriasis

Psoriasis : une maladie inflammatoire de la peau et des ongles à traiter

Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui se caractérise par des plaques rouges recouvertes de croûtes épaisses (« squames »). S'y associent des anomalies typiques du cuir chevelu et des ongles, parfois aussi des douleurs articulaires ou un véritable rhumatisme. Elle est très handicapante, pourtant le traitement en est désormais très efficace.

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Quels sont les signes du psoriasis ?

Le psoriasis se caractérise par des plaques rouges inflammatoires de la peau qui sont recouvertes de croûtes épaisses (squames). Ces lésions évoluent par poussées, elles se desquament et peuvent être accompagnées de démangeaisons.
Il y a différentes formes de psoriasis telles que le « psoriasis en plaques », « en gouttes », « pustuleux », « inversé » et « érythrodermique ». Certaines de ces formes peuvent évoluer à partir du psoriasis en plaques. Il peut s’y associer un rhumatisme inflammatoire chronique.

 

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Le psoriasis en plaques représente la forme la plus courante de la maladie et il se retrouve chez environ 90 % des patients. Il se caractérise par l’apparition de plaques rouges recouvertes de squames. Les plaques peuvent être plus ou moins épaisses, plus ou moins nombreuses et plus ou moins étendues. Le psoriasis est sévère lorsque 10 % ou plus de la surface du corps est touchée.
Le psoriasis en gouttes se manifeste le plus souvent brutalement, en quelques semaines, et couvre une grande partie du corps. Il se caractérise par de petites lésions en forme de gouttes qui apparaissent souvent sur le torse (par exemple sur le bas du dos), les bras, les jambes ou le cuir chevelu. C’est la deuxième forme la plus répandue de la maladie avec près de 10 % des personnes atteintes de psoriasis. Le psoriasis en gouttes apparaît souvent à la suite d’une infection des voies respiratoires supérieures, telle une infection streptococcique de la gorge, qui agit comme déclencheur. Le psoriasis en goutte peut disparaître de lui-même sans traitement et ne jamais réapparaître chez la personne atteinte, ou il peut devenir récurrent pendant toute la vie. Il peut parfois être sévère et nécessiter un traitement.
Le psoriasis pustuleux se caractérise par des cloques remplies de pus. Il peut être limité à certaines zones du corps (localisé) ou couvrir presque tout le corps (généralisé). S’il est localisé, les pustules sont généralement restreintes aux paumes des mains et aux plantes des pieds. Des écailles se forment progressivement à mesure que les lésions pustuleuses s’assèchent.
Le psoriasis inversé atteint les grands plis de la peau tels que le pli interfessier, la région génitale, le dessous des seins et les aisselles du fait de la pression, de la friction, de l’humidité ou de la transpiration qui affecte plus particulièrement ces régions. Ces lésions sont lisses et rouges contrairement aux lésions épaisses et écailleuses.
Le psoriasis érythrodermique est une forme rare mais grave de la maladie qui se caractérise principalement par une rougeur généralisée et par une inflammation qui ressemble à un coup de soleil. Il peut être causé par un coup de soleil grave, l’utilisation de certains médicaments (tels que les corticostéroïdes par voie orale ou le lithium) ou même par l’abandon soudain d’un traitement du psoriasis. Il peut aussi résulter d’une mauvaise gestion du psoriasis. Il peut être mortel et conduit habituellement à l’hospitalisation puisque la peau n’est plus capable d’effectuer les fonctions vitales telles que la régulation de la température du corps et la protection contre les organismes infectieux (par exemple les bactéries).
Le rhumatisme psoriasique est souvent reconnu comme une maladie à part du fait de la prépondérance des douleurs articulaires sur les lésions cutanées. Les plaques cutanées et les douleurs articulaires peuvent ne pas se présenter en même temps, donc une poussée de psoriasis peut se manifester par des douleurs articulaires en l’absence de lésions visibles et vice-versa. Le rhumatisme peut avoir une évolution sévère dans 5 à 10 % des cas.

Comment fait-on le diagnostic du psoriasis ?

Le diagnostic est basé avant tout sur l’examen clinique et repose sur le simple aspect des lésions de la peau et ses localisations caractéristiques. Les premières plaques de psoriasis apparaissent le plus souvent chez l'adolescent et le jeune adulte.
La lésion typique du psoriasis est une plaque inflammatoire rouge, surmontée d’une croûte faite de squames blanchâtres qui se détachent pour former des pellicules à la surface de la peau. C’est l’épaisseur de la squame et certaines caractéristiques associées qui permettent de différencier cette lésion d’une dermite séborrhéique par exemple.
Les plaques rouges du psoriasis sont bien délimitées, rondes ou ovales. Les plaques peuvent être étendues et mesurer plusieurs centimètres de diamètre ; elles peuvent également être petites et nombreuses en forme de goutte. Dans 30 à 60 % des cas, ces plaques démangent. Il n’y a par contre ni fièvre ni fatigue.

 

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Le psoriasis se situe habituellement sur le cuir chevelu et sur les zones de frottement : coudes, avant-bras, genoux, bas du dos, mais d'autres localisations sont possibles : ongles (croissance anormale et décoloration des ongles des mains et des pieds), paume des mains, plante des pieds, plis (par exemple, la pliure du bras, de la cuisse, l'arrière du genou, sous les seins...), muqueuses génitales chez l’homme avec atteinte du gland. Le psoriasis se manifeste alors sous forme de plaques rouges indolores ne desquamant pas.
Les ongles sont parfois touchés au cours d'un psoriasis commun, mais peuvent n'être que la seule localisation de la maladie chez certaines personnes. Les ongles présentent généralement de légères déformations punctiformes (aspect en « dé à coudre ») ou se décoller du doigt. La peau peut être très épaissie sous l’ongle qui perd alors sa transparence (hyperkératose sous-unguéale).
La biopsie cutanée, en vue d'un examen anatomopathologique, est rarement nécessaire mais elle peut être utile pour les formes inhabituelles de psoriasis.

Quand faut-il consulter ?

En l’absence de gêne (plaque isolée peu étendue), il n’est pas indispensable de consulter, mais certaines formes graves de psoriasis imposent la consultation.
Le psoriasis érythrodermique est une forme grave qui va nécessiter une hospitalisation. Les lésions cutanées couvrent la majeure partie du corps (plus de 90 % de la surface de la peau). Elles sont rouges et très inflammatoires avec un risque de complications (surinfection, fièvre...).
Le psoriasis pustuleux est caractérisé par des pustules sur la peau, accompagnées d'une forte fièvre et d'une altération de l'état général. Là encore, l'hospitalisation est nécessaire.
Le psoriasis associé à une infection par le VIH peut s’exprimer sous la forme d'un psoriasis classique, pustuleux ou érythrodermique. Il est plus difficile à traiter car les lésions sont moins sensibles au traitement.