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Effet des pesticides

Acide folique : une supplémentation réduit les risques d’autisme

Par Ambre Amias

La consommation d’au moins 800 microgrammes d’acide folique pendant la grossesse supprime le risque d’autisme lié à l’exposition du fœtus aux pesticides.

Gajus-Images/epictura

L’acide folique, une solution pour lutter contre les dégâts des pesticides ? A défaut d’interdire les substances les plus toxiques – ce qui serait la solution la plus efficace, forcément –, des chercheurs ont peut-être trouvé un moyen de s’en prémunir. Selon des travaux publiés dans la revue Environmental Health Perspectives, supplémenter les femmes enceintes en acide folique permettrait de réduire les risques d’autisme liés aux pesticides chez l’enfant à naître.

Ces travaux s'adressent tout particulièrement aux femmes qui vivent dans des zones rurales où les pesticides sont utilisés à des niveaux élevés et qui souhaitent concevoir un enfant. Selon les auteurs, la prise d'au moins 800 microgrammes d'acide folique (ou vitamine B9) par les futures mères au moment de la conception atténuerait l'effet néfaste des pesticides sur le développement de l’autisme.


Surrisque supprimé

Pour parvenir à cette conclusion, les auteurs ont suivi 516 enfants, âgés de 2 à 6 ans. Parmi eux, 220 ont été atteints de TSA (trouble du spectre autistique). L'étude montre que les femmes ayant eu des consommations basses d'acide folique et qui ont été exposées aux pesticides agricoles, de trois mois avant la conception à trois mois après, exposaient leur enfant à plus de risques.

« La consommation d'acide folique en-dessous de la moyenne associée à l'exposition aux pesticides a été liée à un risque d'autisme plus élevé, comparée à une consommation basse ou une exposition aux pesticides de manière isolée ». Le surrisque était le plus élevé en cas d’exposition régulière. Il disparaissait à partir de 800 microgrammes d’acide folique absorbés par la femme enceinte.

Une supplémentation insuffisante

De manière générale, l'acide folique ou vitamine B9 fait partie des recommandations internationales de base destinées aux femmes enceintes, à hauteur de 400 microgrammes par jour.

Ses apports jouent un rôle important dans la formation des globules rouges, le fonctionnement du système nerveux et du système immunitaire, ainsi que dans la cicatrisation des blessures et des plaies. Elle est nécessaire à la production de nouvelles cellules, ce qui la rend particulièrement importante durant les périodes de développement embryonnaire et fœtal.

Dans l'alimentation, les folates sont surtout présents dans les feuilles des végétaux. On en trouve dans la levure de bière, les légumes verts (épinards, chou, salades), les graines comme le maïs et le pois chiche, le foie, les lentilles, les algues...

En France, près des trois quarts des femmes en âge de procréer ont des apports alimentaires en folates inférieurs aux apports nutritionnels conseillés, selon Santé publique France. En 2010, seules 34 % des femmes ont reçu une supplémentation en période anténatale.