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Césarienne : quand est-elle nécessaire ?

Le coup de gueule de Raye Lee a remué la toile. Elle dénonce les idées reçues sur la césarienne, décrite comme une solution de facilité. Les indications restreintes sont souvent ignorées.

Césarienne : quand est-elle nécessaire ? mvaligursky/epictura

  • Publié 28.08.2016 à 13h21
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Césarienne de confort, sous-accouchement… Les critiques sont nombreuses à l’égard de cet accouchement. Une jeune maman a remué Internet avec un coup de gueule partagé sur Facebook. Elle épingle sévèrement les personnes qui voient en cette mise au monde une solution de facilité. Ce long post a valu à l’Américaine une vague de soutien sur le réseau social. Plus de 27 000 personnes ont partagé son cri du cœur.

Des indications restreintes

Raye Lee a accouché d’un petit garçon le 15 août. Après 38 heures de travail, elle a dû subir une césarienne en urgence pour sauver la vie de son enfant. Peu après son retour à domicile, une connaissance lui affirme qu’elle a choisi la « voie facile ». Son coup de gueule a depuis fait le tour de la planète. Elle décrit l’expérience la plus douloureuse de sa vie. « Ce n’était pas plaisant. Ça ne l’est toujours pas, se souvient-elle. Vous utilisez vos muscles profonds pour absolument tout… même s’asseoir ».

 

 

Raye Lee fait partie des femmes pour qui le recours à la césarienne est justifié. En réalité, ce type d’intervention est strictement cadré par les autorités sanitaires. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) a édité des recommandations complètes à destination des professionnels de santé. Les indications sont restreintes : la présence d’un utérus cicatriciel – présent après une première césarienne par exemple – ou une grossesse gémellaire n’entraînent pas systématiquement une seconde intervention.

De nombreuses césariennes sur demande

La situation est plus complexe lorsque l’enfant se présente par le siège ou souffre d’une macrosomie. Dans ces conditions, certains critères aident les praticiens à juger de la nécessité d’une césarienne. Certaines infections pouvant être transmises à l’enfant par les muqueuses génitales – le VIH par exemple – justifient un recours systématique à l’intervention.

Dans son document, la HAS reconnaît le recours accru aux « césariennes sur demande », qui n’ont donc pas de motivation médicale. Ce sont les césariennes dites « de confort » qui ont suscité la colère de Raye Lee. La participation accrue des patientes, le risque de poursuites judiciaires envers l’équipe et l’amélioration des techniques sont autant de raisons qui expliquent ce phénomène, selon la HAS.

L’agence sanitaire appelle les praticiens à faire preuve de recul face à ces réclamations. « La demande maternelle n’est pas en soi une indication à la césarienne, rappelle-t-elle. Il est recommandé de rechercher les raisons spécifiques à cette demande, de les discuter et de les rapporter dans le dossier médical » Optimiser le recours à cet accouchement est en effet un des objectifs de la HAS.

L’OMS au créneau

Car aux Etats-Unis comme en France, la césarienne est pratiquée à l’excès. A tel point que l’OMS s’est saisie du dossier, dénonçant l’excès d’interventions sans justification médicale. Elle a rappelé au passage les risques d’hémorragie, d’infection et de complications sur les futures grossesses. Le recours excessif aux césariennes est bel et bien un problème international. Une étude parue en 2015 témoigne de la forte variabilité de ces accouchements selon les pays. Si les pays de l’Europe du Nord font figure de bons élèves, les résidents du sud du continent se montrent bien plus souples.

La France se situe dans la moyenne avec 20 % de césariennes. C’est tout de même trop. Pour preuve : le pays connaît lui-même de larges variations en fonction des départements. Le recours à cette opération oscille ainsi de 2 à 20 % selon les zones prises en compte. Parmi les accouchements, bon nombre ont été programmés à terme.

De gros efforts ont tout de même été consentis depuis trente ans et le recul a été majeur. La France a désormais atteint une certaine stabilité, bien que la HAS tente de poursuivre le mouvement de régression. Le « taux de césarienne » idéal, selon l’OMS, se situe entre 10 et 15 % des grossesses.

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