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70 gènes analysés

Cancer du sein : un test génétique évite une chimiothérapie sur deux

Un test qui analyse l'activité de 70 gènes sur les tumeurs au sein prédit efficacement le risque de récidive.

Cancer du sein : un test génétique évite une chimiothérapie sur deux piotr_marcinski/epictura

  • Publié 26.08.2016 à 15h52
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La chimiothérapie n’est pas systématique après un cancer du sein. Les femmes dont la tumeur ne présente pas de risque de récidive échappent à ce traitement lourd en effets secondaires.
Mais d’après une étude internationale, un plus grand nombre pourrait être concerné. Prendre en compte l’activité génétique des prélèvements livre des résultats plus précis que l’examen clinique. Dans le New England Journal of Medicine, un essai de phase III témoigne de l’efficacité du test MammaPrint, développé aux Pays-Bas.

23 % de divergences

Plusieurs centres d’oncologie ont recruté des patientes présentant un cancer du sein de stade précoce. 6 700 femmes ont subi une ablation la tumeur. Le test génétique a ensuite été utilisé sur l’intégralité des prélèvements. Il consiste à analyser l’activité de 70 gènes, qui varie selon les individus. En fonction des résultats, le test détermine le risque de récidive, c’est-à-dire que la tumeur se développe à nouveau.

Ce dispositif a été pratiqué en complément de l’examen clinique habituel. Trois marqueurs permettent de prédire si le cancer peut récidiver : la taille de la tumeur, ses récepteurs hormonaux, et la présence de métastases dans les ganglions sentinelles. En tant compte de ces critères, 23 % des participantes auraient dû subir une chimiothérapie alors que, selon le test génétique, elles n’étaient pas à haut risque.

95 % de survie

Les volontaires ont alors été réparties aléatoirement en deux groupes : dans le premier, la chimiothérapie a été pratiquée si nécessaire ; dans le second, la chimiothérapie n’a pas eu lieu. La survie est sensiblement la même 5 ans après la prise en charge. 95 % des patientes sont encore en vie et sans cancer. Ce chiffre n’est inférieur que de 1,5 % par rapport au groupe traité. L’autre risque majeur était le développement de métastases distantes du site cancéreux. Elles ne sont survenues dans aucun des cas.

Le résultat est encore plus marquant dans un sous-groupe spécifique : les femmes dont la tumeur est positive aux hormones. 75 % avaient un faible risque de récidive selon le test MammaPrint. La survie à 5 ans le confirme : 98 % d’entre elles étaient encore en vie.

Un test à venir en France

La créatrice de ce dispositif, et premier auteur de l’étude, se réjouit de ces bons résultats. « Pour la première fois, un essai prospectif et randomisé montre que la biologie active du cancer chez un individu, évaluée par le test MammaPrint, peut aider à prendre une décision informée concernant la chimiothérapie », explique Laura van’t Veer. De fait, la moitié des personnes à haut risque clinique pourrait éviter ce traitement en toute sécurité.

La piste n’est pas nouvelle dans ce secteur. En mai déjà, la même équipe présentait des résultats préliminaires tout aussi encourageants. Avant elle, l’Institut Curie s’est lancé dans l’aventure avec un autre test, dès la fin de l’année 2015. Mais ces tests, bien que disponibles, ne sont pas encore remboursés.

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