- Des scientifiques ont utilisé des cellules du sang menstruel pour traiter l’arthrose.
- Cette approche améliore la fonction des cellules du cartilage et ralentit leur dégradation.
- Cette thérapie fonctionne même sur des tissus de femmes âgées, pourtant peu capables de se régénérer naturellement.
Et si ce que le corps élimine pouvait réparer les articulations ? C’est ce que suggère des scientifiques de l’université de technologie de Kaunas (Lituanie). Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Scientific Reports, ils se sont intéressés aux cellules stromales mésenchymateuses humaines, qui font fréquemment l'objet de recherches visant à développer de nouvelles technologies pour prévenir l'apparition de l'arthrose ou réparer le tissu cartilagineux après un traumatisme. "Les cellules stromales mésenchymateuses dérivées du sang menstruel sont moins étudiées, mais elles possèdent un fort potentiel thérapeutique grâce à leur sécrétome (des particules sécrétées par des cellules et capables de pénétrer dans d’autres cellules et influencer leur activité), qui comprend des vésicules extracellulaires."
Arthrose : les particules dérivées du sang menstruel favorisent la régénération du cartilage
Pour évaluer le potentiel des vésicules extracellulaires issues des cellules stromales du sang menstruel, l’équipe a utilisé des échantillons de sang menstruel provenant de trois donneuses en bonne santé et des échantillons de tissus post-opératoires prélevés chez dix femmes souffrant d'arthrose. Ensuite, elle a eu recours à des matrices biologiques (par exemple, l’urine, le sang…), car les vésicules extracellulaires sont fragiles et se dégradent rapidement. Les matrices biologiques contribuent à protéger, stabiliser les particules et les libérer progressivement lorsque l'articulation est soumise à une pression ou à un mouvement. "Ceci pourrait prolonger leurs effets et améliorer les résultats du traitement." La prolifération des chondrocytes (principales cellules du cartilage articulaire), leur morphologie, l'expression des récepteurs des hormones sexuelles et l’aptitude de certaines cellules à former du cartilage ont été évaluées après trois jours de traitement.
Selon les résultats, les vésicules extracellulaires issues des cellules stromales du sang menstruel ont permis de stimuler la régénération du cartilage. Plus précisément, les particules ont amélioré la fonction des cellules cartilagineuses et ralenti la dégradation tissulaire. En outre, elles ont aussi augmenté l'expression des récepteurs de la progestérone et des gènes du collagène. La thérapie, acellulaire, basée non pas sur les cellules elles-mêmes, mais sur leurs minuscules particules, s'est avérée efficace même sur des cellules de femmes ménopausées âgées présentant une capacité de régénération réduite. D’après Ilona Uzielienė, qui a dirigé les travaux, les vésicules extracellulaires ne provoquent pas d’effets secondaires.

Le sang menstruel, "une source intéressante pour la médecine régénérative"
"Le prélèvement de sang menstruel est non invasif et simple, puisqu'il s'agit d'un fluide biologique naturellement éliminé. À l'inverse, le prélèvement de moelle osseuse nécessite une intervention invasive. De plus, ces cellules sécrètent activement des molécules qui favorisent la régénération de la muqueuse utérine chaque mois. Cela en fait une source intéressante pour la médecine régénérative, notamment lorsque la sécurité et l'accessibilité sont primordiales", a expliqué la chercheuse qui espère que cette étude va ouvrir la voie à une future thérapie acellulaire contre l'arthrose.


