- Le cerveau ayant subi un AVC est capable de rajeunir les zones cérébrales non endommagées pour compenser la lésion.
- Pour cette étude, les chercheurs ont étudié les IRM cérébrales de plus de 500 personnes ayant survécu à un AVC venant de 8 pays.
- Cette découverte pourrait améliorer la prise en charge des patients.
Entre 120.000 et 150.000 AVC sont enregistrés en France tous les ans, soit un toutes les 4 minutes. Laissant des séquelles importantes dans 40 % des cas, les attaques cérébrales sont la première cause de handicaps acquis de l’adulte.
Toutefois, il semblerait que le cerveau lésé ait des capacités de recâblage plus importantes qu’on le pensait. Des chercheurs de Keck School of Medicine of USC ont découvert des signes de “jeunesse cérébrale” dans des zones non endommagées chez des patients souffrant d'un handicap physique grave après un AVC.
Leurs travaux ont été présentés dans la revue The Lancet Digital Health.
AVC : les zones non endommagées rajeunissent !
Pour mieux comprendre comment le cerveau ayant subi un AVC s’adaptait à ses lésions, l’équipe a analysé les IRM de plus de 500 personnes ayant survécu à une attaque cérébrale. Les images provenaient de 34 centres de recherche dans huit pays. À l'aide de l’intelligence artificielle, les chercheurs ont estimé l'âge cérébral des différentes régions de chaque hémisphère.
"Nous avons constaté que les AVC de grande ampleur accélèrent le vieillissement de l'hémisphère lésé, mais paradoxalement, l'hémisphère opposé paraît plus jeune", remarque Dr Hosung Kim, co-auteur principal de l'étude. "Ce phénomène suggère que le cerveau se réorganise, régénérant ainsi les réseaux neuronaux intacts pour compenser la perte de fonction."
En effet, l’analyse des données a montré que les survivants d'un AVC présentant de graves déficits moteurs (même après plus de six mois de réadaptation), affichaient un âge cérébral plus jeune que prévu dans les régions opposées à la lésion, en particulier au sein du réseau fronto-pariétal, un système clé impliqué dans la planification motrice, l'attention et la coordination.

Le cerveau fait preuve d’une neuroplasticité compensatoire
Les "recâblages" des zones non endommagées mis en évidence par l’étude suggèrent que le cerveau des patients victimes d’AVC fait preuve d’une neuroplasticité compensatoire plus grande qu’on le pensait.
"Ces résultats suggèrent que lorsque les lésions cérébrales consécutives à un AVC entraînent une perte motrice plus importante, les régions intactes de l'hémisphère controlatéral peuvent s'adapter pour compenser", explique le Dr Kim. "Nous avons observé ce phénomène dans le réseau fronto-pariétal controlatéral, qui présentait un profil plus "jeune" et qui est connu pour son rôle dans la planification motrice, l'attention et la coordination. Plutôt que d'indiquer une récupération complète de la motricité, ce profil pourrait refléter la tentative du cerveau de s'adapter lorsque le système moteur endommagé ne peut plus fonctionner normalement. Cela nous offre une nouvelle perspective sur la neuroplasticité, invisible à l'imagerie traditionnelle."
"Ces découvertes concernant le vieillissement cérébral différentiel selon les régions chez les personnes ayant subi un AVC depuis plus de six mois pourraient à terme orienter les stratégies de réadaptation personnalisées", ajoute le Dr Arthur W. Toga, président du USC Mark and Mary Stevens Neuroimaging and Informatics Institute, dans un communiqué. L’équipe va poursuivre ses travaux en suivant les patients depuis la phase aiguë jusqu'à la phase chronique de leur rétablissement après un AVC.


