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QUESTION D'ACTU

Stéatose hépatique

Comment le surpoids des parents influence la santé de leurs futurs enfants

Le surpoids ou l’obésité des deux parents avant la conception est associé à un risque accru de stéatose hépatique, ou maladie du foie gras non alcoolique, chez leur enfant à l’âge adulte. Comment l’expliquer ?

Comment le surpoids des parents influence la santé de leurs futurs enfants Vadym Petrochenko / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude associe le surpoids parental avant la grossesse à un risque accru de MASLD plus tard chez l’enfant.
  • Si les deux parents sont en surpoids, le risque est plus que triplé.
  • Le poids accumulé durant l’enfance explique une grande partie de cette association.

La stéatose hépatique ou MASLD, anciennement connue sous le nom de maladie du foie gras non alcoolique, est aujourd’hui la maladie hépatique chronique la plus fréquente au monde. Elle toucherait plus de 30 % des adultes et environ 15 % des enfants, selon les estimations. Or, il apparaît aujourd’hui que la santé hépatique future des tout-petits pourrait bien dépendre... du poids de leurs parents. D’après une nouvelle étude publiée dans la revue Gut, le surpoids ou l’obésité avant la conception serait en effet associé à un risque accru, pour la génération suivante, de développer une MASLD.

Un risque multiplié par trois si les parents sont en surpoids

Pour mieux comprendre le rôle respectif du père et de la mère, les scientifiques ont analysé les données de près de 2.000 enfants issus de la cohorte britannique ALSPAC (Avon Longitudinal Study of Parents and Children). A l’âge de 24 ans, pas moins de 201 participants, soit un jeune adulte sur dix, étaient atteints d’une stéatose hépatique, selon un communiqué. Après avoir pris en compte de nombreuses variables (tabagisme, consommation d’alcool, niveau d’éducation, diabète ou hypertension maternels, poids de naissance, allaitement, ou encore exposition aux antibiotiques), les chercheurs ont établi plusieurs constats.

D’abord, chaque augmentation d’un point d’indice de masse corporelle (IMC) chez la mère avant la grossesse était associée à une hausse de 10 % du risque de MASLD chez l’enfant, et chaque point d’IMC paternel supplémentaire à une hausse de 9 %. Lorsque les deux parents étaient en surpoids ou obèses, le risque pour l’enfant était même plus que triplé par rapport à ceux dont les parents avaient un IMC normal.

Autre résultat frappant : 67 % de l’association observée s’expliquait par un excès d’IMC cumulé chez l’enfant et l’adolescent. Autrement dit, l’excès de poids pris entre 7 et 17 ans – a priori peu surprenant compte tenu du mode de vie de parents en surpoids – jouerait un rôle majeur dans cette trajectoire vers la MASLD. Même après des ajustements concernant la consommation de sucre et la prédisposition génétique, les résultats restaient solides.

La santé métabolique se joue avant même la conception

Le message est clair : la santé métabolique se joue aussi avant même la grossesse. Et, bien qu’il s’agisse d’une étude observationnelle et qu’aucun lien de cause à effet ne peut être formellement établi, les auteurs estiment que leurs résultats "soutiennent l’influence précoce d’une obésité biparentale sur la santé métabolique des enfants, suggérant que des efforts pour réduire l’excès d’adiposité chez les mères et les pères avant la conception pourraient apporter des bénéfices durables".

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