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Glycémie

Diabète : bientôt un patch indolore pour surveiller la glycémie ?

Par Mégane Fleury

Des chercheurs ont mis au point un patch en hydrogel, composé de micro-aiguilles. Il permet de surveiller la glycémie, sans provoquer de douleur. 

interstid/istock
Il existe deux types de diabète : celui de type 1 et celui de type 2.
Le premier est lié à l'absence de sécrétion d'insuline par le pancréas, le second à une mauvaise utilisation de celle-ci par l'organisme.
Le système d’autosurveillance du glucose interstitiel est autorisé depuis 2017, en France.

Une récente découverte pourrait améliorer le quotidien des personnes diabétiques dans le monde. Des chercheurs de l'université de Waterloo, située au Canada, travaillent sur un patch permettant aux personnes diabétiques de surveiller leur glycémie, sans engendrer de douleur. "Cela améliorera le mode de vie des gens en permettant une prise de médicaments plus personnalisée, estime Peyman GhavamiNejad, directeur de cette recherche. Nous voulons permettre aux gens se surveiller plus facilement leur glycémie, sans aucune douleur, avec un meilleur contrôle des niveaux de glucose pour qu’ils puissent savoir quelle quantité d'insuline prendre." Les résultats de son étude sont parus dans la revue spécialisée Advanced Healthcare Materials. 

Un capteur de glycémie réalisé avec un hydrogel 

L’équipe de recherche a mis trois ans à créer ce nouveau patch. Si de nombreux appareils sont aujourd’hui disponibles pour tester la glycémie, celui-ci présente une innovation: son matériau. Il est fabriqué en hydrogel et composé de centaines de micro-aiguilles capables de détecter les niveaux de glucose dans le sang. "C'est vraiment un outil nouveau que nous continuons à améliorer", précise l’auteur. Il souligne que c’est la première fois que l’hydrogel est utilisé pour fabriquer ce type de dispositif. Le matériau est de plus en plus utilisé en médecine, des scientifiques français étudient, par exemple, son efficacité dans le traitement de l’infarctus du myocarde, comme le rappelle l’Inserm. 

Diabète : quels sont les avantages de ce nouveau patch ?

Selon les auteurs, le nouveau patch serait aussi plus pratique car il peut être appliqué par les patients eux-mêmes, "contrairement à certains autres dispositifs qui doivent être insérés sous la peau par une infirmière". Il est également très discret, car il mesure un centimètre carré, ce qui permet de le dissimuler facilement s’il est placé sur le bras. Les scientifiques canadiens précisent que c’est un outil peu coûteux, "moins cher que certains des patchs actuellement disponibles", et qui serait disponible sans ordonnance. "Cela donnerait également des mesures plus précises et continues", observent-ils. En ce moment, des chercheurs en génie électrique et informatique travaillent sur une plate-forme électronique pour transmettre les résultats enregistrés par le patch aux smartphones des utilisateurs. Cela pourrait faciliter la lecture des données et leur suivi. 

Diabète : quels sont les outils de surveillance de la glycémie ?

Le diabète est lié à une hyperglycémie, que les personnes atteintes vont compenser en prenant de l’insuline. Mais pour savoir quand l’administrer et à quelle dosage, il faut savoir quel est le niveau de glycémie. "En l’absence de diabète, la glycémie varie naturellement au cours de la journée autour de 1 g/L, en fonction des repas ou de l’activité physique", rappelle l’Assurance maladie. Deux principaux outils permettent de mesurer seul sa glycémie : l’auto-piqueur et l’appareil de mesure du glucose interstitiel. Dans le premier cas, il s’agit de prélever une goutte de sang au bout du doigt, de la déposer sur une électrode ou une bandelette de test, placée ensuite dans un lecteur de glycémie. Le système par mesure du glucose interstitiel repose sur deux appareils : un capteur fixé à l’arrière du bras, qui évalue la glycémie pendant 14 jours, et un lecteur, qui peut tout simplement être un smartphone. En France, environ quatre millions de personnes étaient atteintes de diabète en 2014, selon l’Assurance maladie.