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Bonne nouvelle

Coronavirus : les patients guéris de nouveau positifs ne seraient pas contagieux

Par Raphaëlle de Tappie

D'après une nouvelle étude sud-coréenne, les patients testés positifs après une guérison à la Covid-19 ne seraient pas contagieux. Les restes de virus identifiés dans leur sang seraient des particules non virales ou mortes. 

ROIBU/ISTOCK

Enfin une bonne nouvelle concernant la Covid-19. Depuis que la Corée du Sud a fait état d’une possible réinfection de patients guéris du coronavirus, le monde entier attend les conclusions des études de suivi. Aujourd’hui, les résultats dévoilés par les Centres coréens pour le contrôle des maladies et la prévention le 19 mai viennent tous nous rassurer. D’après les chercheurs, ces patients retestés positifs ne seraient pas contagieux.

Pour en arriver à cette heureuse conclusion, les chercheurs ont suivi 285 patients contaminés au coronavirus, testés négatifs puis de nouveaux positifs jusqu’à 82 jours plus tard après la disparition de leurs symptômes. Les échantillons de virus prélevés n’ont pas pu être cultivés en culture. Aussi, il s’agit de particules virales non infectieuses ou mortes, se félicitent les chercheurs. Il faut donc comprendre que ces patients n’auraient pas été réinfectés et ne seraient donc pas de nouveau contagieux.

Par conséquent, “selon les nouveaux protocoles, aucun test supplémentaire n'est requis pour les cas qui ont été sortis de l'isolement”, a déclaré le CDC coréen dans un rapport. L'agence a déclaré qu'elle appellera désormais les cas “ré-positifs” “PCR redétectée après la sortie de l'isolement”. Les autorités sud-coréennes ont quant à elles décidé qu’un test négatif à la Covid-19 n’était plus indispensable avant le retour au travail ou à l’école pour les patients guéris et à l’issue de la période de confinement.

Des cellules mortes

Cette étude va dans le même sens que les explications de Maria Van Kerkhove, une des responsables de la gestion de la pandémie à l’OMS. Interrogée sur ces cas de patients guéris de nouveau testés positifs, elle avait indiqué début mai qu’il s’agissait de cellules mortes dans les poumons qui remontaient dans l’organisme et conduisaient au test positif.

Elle rejoint également les propos de Zhang Boli, président de l'université de médecine traditionnelle chinoise de Tianjin, selon qui le séquençage du génome de virus restant de certains patients guéris de la Covid montrait que le virus était mort. D’après lui, cela pourrait suggérer que seules des traces du matériel génétique du SARS-CoV2 sont restées dans le corps des patients.

Enfin, les résultats de la présente étude pourraient également contribuer aux débats sur les tests d’anticorps, qui recherchent des marqueurs dans le sang indiquant l’exposition au SARS-CoV-2. A l’heure actuelle, si les experts estiment que les anticorps confèrent probablement un certain niveau de protection contre le virus, ils n’ont pas encore de preuve solide là-dessus et ignorent combien de temps l’immunité pourrait durer.  

Un test sérologique mesurant le degré d’immunité ?

Fin avril, l’Institut Pasteur a annoncé avoir mis au point un “test de sérologie capable de préciser le degré d’immunité des malades guéris du CoV2”. Contrairement aux tests sérologiques existants qui détectent seulement la présence d’anticorps dans l’organisme après une infection au coronavirus, cette prise de sang renseignera sur l’efficacité de ceux-ci. Ainsi, cet outil serait capable de classer les degrés d’immunité en trois catégories : fort neutralisant, faible et non-neutralisant. 

Nous avons mis au point un test de ‘séro-neutralisation’ qui détecte les anticorps mais surtout qui mesure leur capacité à inhiber l'entrée du virus dans une cellule”, expliquait le fondateur et directeur scientifique de TheraVectys, le virologue Pierre Charneau, à Libération. Reste à savoir quand ce test sera approuvé par les autorités sanitaires et arrivera sur le marché.