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Covid-19

La Suède laisse tomber la chloroquine

La Suède a décidé d’abandonner l’utilisation du traitement à base de chloroquine pour lutter contre le Covid-19. Les doutes sur son efficacité et des craintes sur les effets secondaires ont justifié cette décision.

La Suède laisse tomber la chloroquine stigalenas/iStock

  • Publié le 11.04.2020 à 09h00
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L'ESSENTIEL
  • Les hôpitaux suédois avaient adopté la chloroquine pour traiter le Covid-19
  • Ce produit ne sera plus utilisé en Suède qui explique sa décision par le constat d'effets secondaires trop importants

Plébiscitée mondialement, et alors qu’Emmanuel Macron a rencontré le professeur Raoult à l’origine du traitement à base de chloroquine, l’hydroxychloroquine a été abandonné par la Suède. Les hôpitaux suédois avaient adopté ce traitement contre le Covid-19 mais des doutes concernant son efficacité et des craintes sur les effets secondaires ont conduit à son quasi-abandon hors essais cliniques.

La stratégie de la prudence

La décision d’arrêter d’utiliser le traitement à base chloroquine, un antipaludique, a commencé fin mars à l’hôpital de Sahlgrenska à Göteborg, par prudence. “Je pense que toutes les cliniques en Suède ont commencé à utiliser ce traitement quand les premiers patients sont arrivés, retrace Magnus Gisslén, professeur de maladies infectieuses et médecin à l’hôpital de Sahlgrenska. À Göteborg, nous étions très prudents depuis le début. Nous nous sommes rendu compte que les preuves d’efficacité étaient faibles, mis à part une étude chinoise, cependant réalisée sans groupe témoin, et l’étude française où l’hydroxychloroquine est combinée à l’azithromycine, étude dont nous estimons qu’elle n’est pas suffisamment bien faite pour démontrer l’efficacité.”

Les risques d’effets secondaires du traitement, notamment au niveau cardiaque et des reins, a fini de contraindre l’hôpital à mettre fin à l’utilisation d’hydroxychloroquine. “Nous avons d’abord décidé de ne plus donner de chloroquine aux patients souffrant d’insuffisance rénale, puis de ne plus le donner du tout, même si nous n’avons pas constaté d’effets secondaires chez nous, ajoute Magnus Gisslén. Des collègues, en Suède et à l’étranger, nous ont fait part de cas suspicieux, même s’il est difficile de savoir si la chloroquine était à l’origine des effets observés ou si c’était une conséquence de la maladie.”

La chloroquine toujours au bac d’essai clinique

Un choix et des doutes partagés par l’Agence suédoise du médicament, la Läkemedelsverket, qui, dans un communiqué publié le 2 avril, estime que “les données disponibles actuellement ne permettent pas d’aboutir à des conclusions solides concernant les effets cliniques et l’innocuité de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine dans le traitement de patients atteints du Covid-19.”

Les autres hôpitaux du pays n’ont pas tardé à suivre l’hôpital de Sahlgrenska qui dispose de la plus grosse clinique infectieuse du pays. “Je pense que plus un seul hôpital n’utilise ces médicaments aujourd’hui, relate-t-il. La décision a été un peu controversée au début, mais rapidement, l’agence du médicament est venue avec ses propres recommandations, ce qui a convaincu ceux qui doutaient encore.” Des études cliniques pour tenter de trouver un traitement au Covid-19 continuent elles d’utiliser la chloroquine.

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