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Crise de confiance

Pour l’Académie de médecine, les fumeurs "ne doivent pas hésiter" à passer à la cigarette électronique

Par Johanna Hébert

Alors qu’aux Etats-Unis plusieurs décès ont été liés à la cigarette électronique, l’Académie de médecine craint une crise de confiance en France.

Neydtstock/iStock

Vous hésitez à laisser tomber la cigarette pour le vapotage ? L’Académie de médecine a publié le jeudi 12 décembre un avis vous concernant. Pour elle, ce système, “utile à l’arrêt du tabac”, est mieux contrôlé en France qu’aux Etats-Unis. Cela fait référence à la “soudaine épidémie de pathologies pulmonaires” observée ces derniers mois Outre-Atlantique. Plusieurs dizaines de personnes sont décédées et par conséquent, les Français ont semble-t-il perdu confiance en la cigarette électronique.

Ainsi, selon un sondage Odoxa publié début novembre, 56% des Français considèrent la cigarette électronique aussi risquée que la cigarette traditionnelle, et 57% des sondés estiment qu’elle est un moyen efficace pour réduire sa consommation de tabac, soit 16 points de moins qu’au mois de mai, avant l’éclatement de la crise sanitaire aux Etats-Unis. “Cette crise de confiance pourrait causer la mort de milliers de fumeurs alors que le tabac tue la moitié de ses fidèles consommateurs”, craint l’Académie de médecine dans un communiqué.

Pas de “mésusage” de la cigarette électronique en France

En France, “les cigarettes électroniques relèvent de normes de qualité et de sécurité, à l’inverse des Etats-Unis”, rassure l’Académie. Elle rappelle au passage que “la cause principale” de ces atteintes pulmonaires est un “détournement” de l’usage des cigarettes électroniques avec un “contenu nocif”. Probablement une huile de vitamine E ajoutée à des liquides au cannabis, comme ce fut également le cas en Belgique récemment. En France nous ne faisons pas face à un “mésusage” de ce produit par les mineurs, précise l’Académie. De plus, elle ajoute que le vapotage “aide à l’arrêt et à la diminution de la consommation de tabac”.

Pas de goudron, ni de monoxyde de carbone

Aujourd’hui encore, les effets potentiellement néfastes de la cigarette électronique ne sont pas précisément connus. On sait que les liquides utilisés contiennent moins de substances dangereuses que la cigarette traditionnelle, tels que le goudron (cancérigène) ou le monoxyde de carbone (facteur de maladies cardiovasculaires). Toutefois, la vapeur inhalée par les “vapoteurs” contient des particules fines qui pénètrent dans les poumons. Récemment, les chercheurs d’une étude publiée dans la revue Cardiovascular Research ont estimé qu’une exposition régulière aux substances contenues dans le e-liquide pouvait, à terme, avoir des conséquences sur la santé cardiovasculaire. Il faudra cependant attendre plusieurs études, plusieurs décennies avant d’être certains des effets de ces produits sur notre santé.