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MERS-CoV

Pourquoi les infections respiratoires sont dangereuses pour les diabétiques

Par Charlotte Arce

Une équipe américaine de chercheurs vient de mettre en lumière les facteurs de risque qui contribuent à rendre les infections respiratoires, et en particulier celle au coronavirus MERS-CoV, plus graves pour les diabétiques que pour le reste de la population.

AntonioGuillem/iStock
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Responsable de 1,6 million de décès dans le monde en 2015, le diabète se caractérise par un taux anormalement élevé et chronique de sucre dans le sang (hyperglycémie). En cause : un manque d’insuline, une hormone produite par le pancréas, et qui régule naturellement le taux de glucose présent dans le sang.

Outre les complications qu’il peut engendrer, le diabète, qu’il soit de type 1 ou de type 2, accroît aussi le risque de plusieurs problèmes de santé, parfois graves voire mortels. Parmi eux, les problèmes de vision pouvant aller jusqu’à la cécité, les troubles aux reins, les maladies cardiovasculaires, mais aussi les infections respiratoires.

Une nouvelle étude, menée par des chercheurs de l'University of Maryland School of Medicine (UMSOM) et de la Johns Hopkins University School of Medicine, vient justement de paraître à ce sujet. Publiée dans le Journal of Clinical Investigation Insight, elle montre comment le diabète contribue à la mortalité due aux infections à MERS-CoV, le coronavirus du du syndrome respiratoire du Moyen-Orient.

Un dysfonctionnement de la réponse immunitaire en cause

Depuis son apparition en Arabie saoudite en 2012, le MERS-CoV a infecté plus de 2 400 personnes et entraîné 800 décès, soit un taux de mortalité de 35%. Pour les chercheurs, le diabète est sans aucun doute un facteur de risque majeur. Pour le prouver, ils ont étudié le lien entre le diabète et le MERS-CoV chez des souris.

Ils ont alors découvert que le virus ne se répliquait pas plus facilement chez les souris diabétiques que chez les souris témoins. En revanche, les souris diabétiques présentaient une réponse inflammatoire retardée et prolongée dans le poumon. Cela signifie que la réponse immunitaire des souris diabétiques était plus lente et plus faible et donc que la gravité accrue de l'infection à MERS-CoV chez les patients diabétiques est probablement due à un dysfonctionnement de la réponse de l'organisme à l'infection.

“Dans ce contexte, il est essentiel de comprendre comment le diabète contribue à la gravité de la maladie à la suite d'une infection par le MERS-CoV”, explique le Pr Matthew Frieman, auteur principal de l’étude. “Notre prochaine étape est de déterminer ce qui motive la réponse immunitaire altérée chez les diabétiques et comment inverser ces effets avec des traitements thérapeutiques pour le traitement des patients.”

Vers une meilleure prise en charge des patients diabétiques

Parmi les pistes de recherches évoquées, les chercheurs souhaiteraient savoir si les fournisseurs de soins de santé doivent ou non faire davantage d'efforts pour gérer et stabiliser les taux de glucose chez les patients diabétiques atteints d'une infection respiratoire dangereuse, et si cette meilleure gestion aiderait à atténuer les effets de ces infections.

“Il s'agit d'une découverte importante pour les patients atteints de diabète et les médecins qui les traitent”, affirme E. Albert Reece, doyen de l'Umsom. “Nous savons depuis longtemps que les patients diabétiques présentent de pires résultats lorsqu'ils contractent une maladie infectieuse grave, mais cette nouvelle compréhension de la fonction immunitaire pourrait ouvrir la voie à de meilleurs traitements.”

À terme, cette découverte pourrait aussi faire la lumière sur d'autres maladies respiratoires comme la grippe ou la pneumonie, qui peuvent elles aussi toucher plus gravement les patients diabétiques.