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Oncologie

Cancer du sein : « le taux de participation à la campagne de dépistage n’est pas suffisant »

Par Johanna Hébert

Selon le Dr Philippe Laplaige, cancérologue à la Polyclinique de Blois, encore trop peu de femmes de plus de 50 ans se font dépister pour le cancer du sein. Dans l’avenir, un diagnostic pourrait être posé grâce à une simple prise de sang.

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En novembre dernier, le président de l’Institut national du cancer (INCa), Norbert Ifrah, a dénoncé dans les colonnes du Parisien/Aujourd’hui en France une campagne de dénigrement du dépistage du cancer du sein sur les réseaux sociaux. Pour lui ce sont ces détracteurs, des "irresponsables", qui contribueraient à la baisse du taux de dépistage en France. Ce dernier a diminué de 2% en deux ans.

Le Dr Philippe Laplaige, cancérologue à la Polyclinique de Blois, un établissement privé, va en ce sens: "Le taux de participation à la campagne de dépistage à laquelle la population française ciblée a le droit n’est pas suffisant." À partir de 50 ans en France, les femmes peuvent bénéficier d’une mammographie gratuite, tous les deux ans.

Que reproche-t-on au dépistage organisé ?

Pourquoi alors sont-elles si peu nombreuses à faire l’examen ? Plusieurs réponses peuvent être avancées. Premier obstacle: la douleur dont se plaignent certaines patientes et qui peut faire peur aux autres. Le Dr Laplaige imagine un moyen de dédramatiser le dépistage, notamment grâce à la réalité virtuelle. "Ce qui est sûr, c’est qu’il faut participer. C’est un enjeu de santé publique", martèle l’oncologue. Le second reproche fait par les détracteurs du dépistage est qu’il entraine un risque de sur-diagnostic, et par conséquent de sur-traitement et d’opération inutile. Comment savoir si une lésion ou une tumeur va se développer ?

Une simple prise de sang pour poser un diagnostic

Le Dr Laplaige fonde ses espoirs sur la prise de sang, ou biopsie liquide, qui est déjà une piste dans le monde de la recherche. Grâce à la biologie, il serait possible de prédire l’évolution de ces types de lésion. Si avec une prise de sang un médecin est capable de dire que cela n’évoluera pas, ces personnes "sur-diagnostiquées" ne seront alors pas traitées à tort. Récemment, des chercheurs britanniques ont réussi à détecter 94% des cancers, y compris des cancers du sein grâce à cette technique. Des travaux supplémentaires doivent être menés.