- Dix minutes d’effort intense suffisent à activer des gènes capables de ralentir le développement du cancer colorectal.
- L’activité physique envoie des signaux puissants dans le sang, même après une seule séance.
- Selon les estimations, l’activité physique réduirait le risque d’environ 20 %.
Une courte mais intense séance de sport peut-elle vraiment changer quelque chose ? Selon une nouvelle étude britannique, la réponse est oui : dix minutes d'exercice intensif suffiraient à envoyer dans le sang des signaux puissants capables de ralentir la progression du cancer colorectal, l’un des plus fréquents en France avec plus de 47.000 cas par an.
Un impact sur le cancer dès la première séance de sport
Publiée dans l'International Journal of Cancer, cette recherche menée par l’Université de Newcastle montre que l’effort physique modifie l’expression de plus de 1.300 gènes liés à la réparation de l’ADN, à la production d’énergie et à la croissance des cellules cancéreuses. Chez trente volontaires en surpoids ou obèses âgés de 50 à 78 ans, une simple session intensive de vélo de dix minutes a suffi pour que leur sang présente une augmentation significative de protéines comme l'interleukine-6 (IL-6), connue pour réparer l’ADN endommagé.
Le Dr Sam Orange, physiologiste clinicien et auteur principal de l’étude, explique dans un communiqué : "Ce qui est remarquable, c’est que l’exercice n’agit pas uniquement sur les tissus sains : il envoie des signaux puissants dans le sang, capables d’influencer des milliers de gènes dans les cellules cancéreuses."
Dans le détail, l’équipe de scientifiques a observé que l’exercice stimulait les gènes liés au métabolisme mitochondrial, rendant les cellules plus efficaces pour utiliser l’oxygène, tout en réduisant l’expression de gènes favorisant la croissance rapide des cellules cancéreuses. L’impact est si significatif qu’il pourrait, selon les chercheurs, inspirer de potentiels futurs traitements qui reproduiraient les bienfaits biologiques du sport. "Même une seule séance d’exercice peut avoir un effet", souligne le Dr Orange.
Bouger pour prévenir le cancer colorectal
Selon les estimations, l’activité physique réduirait le risque de cancer colorectal d’environ 20 %. Et ladite activité ne se limite pas au sport en salle, au vélo ou la course à pied : elle peut aussi passer par la marche, le jardinage ou même le ménage. Les mêmes chercheurs prévoient maintenant étudier si des séances répétées de sport entraînent des effets durables sur le cancer, et comment elles interagissent avec les traitements classiques comme la chimiothérapie.
Environ 44.000 personnes sont diagnostiquées chaque année au Royaume-Uni avec un cancer colorectal, soit un cas toutes les 12 minutes. C’est le quatrième cancer le plus fréquent et, comme en France, la deuxième cause de décès par cancer dans le pays. Pour rappel, le cancer colorectal peut être guéri dans 90 % des cas s’il est détecté tôt.



