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QUESTION D'ACTU

Horloge biologique

Votre métier vous expose-t-il à des troubles digestifs ?

Les travailleurs de nuit sont trois à cinq fois plus touchés par des troubles digestifs comme le syndrome de l'intestin irritable. L'horloge biologique, perturbée, pourrait bien en être la cause, entre autres.

Votre métier vous expose-t-il à des troubles digestifs ? sudok1 / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude menée au Royaume-Uni et en Australie révèle que les travailleurs de nuit souffrent jusqu'à cinq fois plus de troubles digestifs.
  • Cela serait dû à la perturbation du rythme circadien et non à l'alimentation.
  • Pour les auteurs, il est urgent de mieux accompagner ces travailleurs de nuit.

Chaque nuit, alors que la plupart des gens dorment paisiblement, des millions d’autres assurent le bon fonctionnement de nos sociétés. Soignants, routiers ou ouvriers : sans eux, plus de services essentiels. Mais leur rythme, en total décalage, n’est pas sans conséquences sur leur santé : selon une étude menée au Royaume-Uni et en Australie, ces travailleurs de nuit sont trois à cinq fois plus touchés par de graves troubles digestifs que la population générale.

Une horloge biologique perturbée

D’après la recherche publiée dans Clinical Gastroenterology and Hepatology, parmi les 392 salariés interrogés, 21 % répondaient en effet aux critères du syndrome de l'intestin irritable (SII), qui se manifeste par des douleurs abdominales récurrentes et des troubles du transit. Environ 30 % répondaient à ceux de la dyspepsie fonctionnelle, un trouble digestif chronique caractérisé par un inconfort dans le creux de l'estomac. Et près d'un quart cumulaient les deux. "Une prévalence étonnamment élevée", alertent les auteurs dans un communiqué. En comparaison, les taux observés dans la population générale s'élèvent à 4 % pour le SII et à 7 % pour la dyspepsie. A noter enfin que plus de la moitié des participants estimaient que leurs symptômes digestifs s’aggravaient avec le travail de nuit, et 16 % ont déjà envisagé d’y renoncer.

Comment expliquer ce lien entre travail nocturne et problèmes de transit ? Notre biologie est réglée sur un cycle jour-nuit. Or, la digestion est naturellement plus lente la nuit, et notre microbiote fonctionne lui aussi sur une horloge de 24 heures. Travailler en horaires décalés perturbe ce système de plusieurs façons : "désynchronisation circadienne, motilité intestinale altérée, sensibilité accrue, changements du microbiote, mauvais sommeil" ou encore "grignotage nocturne". Autant de facteurs qui créent un terrain idéal pour l’émergence des troubles digestifs.

Le poids physiologique de vivre en décalé

Mais cela va bien au-delà de la digestion. Les personnes travaillant de nuit souffrent souvent de troubles du sommeil, d’anxiété, de dépression, d’une baisse de concentration, voire de repli social. "Ce n’est pas seulement ce que mangent les travailleurs de nuit qui compte, mais également le poids physiologique de vivre à contre-rythme, contre son corps", précisent les chercheurs. L'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) précise que le travail nocturne peut aussi favoriser l’apparition de troubles métaboliques, de maladies cardiovasculaires et de de certains cancers.

"Notre étude met en évidence un angle mort dans la santé au travail." Pour les auteurs, il est urgent de mieux accompagner ces travailleurs de nuit. Il s’agit de proposer des stratégies psychologiques ciblant l’anxiété digestive (autrement dit l’axe intestin-cerveau), une alimentation adaptée aux rythmes décalés, une meilleure gestion du stress et du sommeil, mais aussi des pauses dans le travail et une organisation plus stable des horaires.

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