ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Des chiens détectent le paludisme en reniflant des chaussettes sales

Infectiologie

Des chiens détectent le paludisme en reniflant des chaussettes sales

Par la rédaction

Des chiens dressés sont désormais capables d'identifier les chaussettes de personnes infectées par le paludisme.

cynoclub / istock
MOTS-CLÉS :

Des scientifiques du Royaume-Uni ont mis au point une nouvelle méthode surprenante pour diagnostiquer le paludisme : il suffit d'un épagneul et d'une paire de chaussettes sales.

Le nouveau projet, présenté cette semaine à la réunion annuelle de l'American Society of Tropical Medicine and Hygiene, a montré comment les chiens pouvaient être dressés à sentir l'odeur du paludisme. La recherche n'en est encore qu'à ses débuts, mais elle pourrait servir à mettre au point un test rapide et non invasif du paludisme, qui continue de tuer près d'un demi-million de personnes chaque année dans le monde.

Odorat

Grâce à leur odorat, les chiens arrivent à détecter la signature moléculaire du paludisme. De la même manière, d'autres études ont montré que les chiens peuvent détecter les cancers en sentant les composés organiques volatils (COV) dans l'haleine ou l'urine des personnes atteintes de la maladie.

Leurs essais ont révélé que des chiens dressés étaient capables d'identifier correctement 70% de chaussettes de personnes infectées par le paludisme. Les chiens ont également pu détecter les tissus qui ne contenaient pas de paludisme avec 90% de précision. Les compétences des animaux ont été testées sur les chaussettes de 175 enfants - 30 infectés et 145 non infectés - âgés de 5 à 14 ans. Ils vivaient tous en Gambie.

Déployer des chiens renifleurs dans les aéroports

"Nous avons montré que les chiens pouvaient être entraînés pour détecter les personnes infectées par le paludisme via leur odeur, avec un très bon degré de précision", a déclaré Steve Lindsay, directeur de l’étude et professeur de biosciences à l'Université Durham, au Royaume-Uni. L'application la plus intéressante de ce travail, selon les chercheurs, consisterait à déployer des chiens renifleurs dans les aéroports pour arrêter la propagation du paludisme entre pays par des personnes infectées qui ne présentent peut-être pas encore de symptômes évidents.

"Cela pourrait contribuer à prévenir la propagation du paludisme dans les pays qui ont été déclarés exempts de paludisme et à faire en sorte que les gens, dont beaucoup ignorent qu'ils sont infectés par le parasite du paludisme, reçoivent un traitement antipaludique", ajoute le professeur Lindsay. En 2016, le nombre de cas de paludisme d’importation en France métropolitaine est estimé à 4 735 cas, chiffre stable depuis 2015.

Le professeur James Logan, co-auteur de l’essai, s’est aussi alarmé : "il est inquiétant de constater que nos progrès dans la lutte contre le paludisme sont au point mort depuis quelques années, de sorte que nous avons désespérément besoin de nouveaux outils innovants pour contribuer à la lutte contre le paludisme."

Symptômes du paludisme

Le paludisme est dû à des parasites du genre Plasmodium, transmis par des moustiques anophèles. Ceux-ci se rencontrent essentiellement dans les zones tropicales et intertropicales (dites impaludées). Ils piquent surtout la nuit, plutôt pendant ou après la saison des pluies.

Les symptômes les plus courants du paludisme sont :

·      la fièvre, souvent élevée et accompagnée de frissons, de sudations, de douleurs dans les muscles et les articulations.

·      les maux de tête.

·      la fatigue.

·      la toux (chez 20-30% des personnes).

·      les nausées et les vomissements.

·      la diarrhée (chez 20-30% des personnes).