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Etude réalisée à Paris et Londres

Canicule de 2003 : 70 % des décès causés par l’homme

Par Audrey Vaugrente

 En 2003, la vague de chaleur qui a frappé la France était largement due à la main de l'homme : 70 % des décès lui sont attribués.

Jour de forte chaleur au canal Saint-Martin (Olivier Ortelpa/Flickr)

Une chape de plomb s’abat sur le sud-est de la France à partir de ce 8 juillet. Des vents chauds en provenance du Maghreb vont souffler sur la région. Les températures devraient grimper jusqu’à 38 °C en journée et ne pas descendre en dessous de 22 °C la nuit. La canicule est donc à prévoir. 9 départements (1) ont été placés en vigilance jaune et les Bouches-du-Rhône en alerte orange. Un épisode classique en période estivale qui doit tout de même s’accompagner de précautions particulières.

Hydratation régulière, faible activité physique, et alimentation suffisante sont autant de recommandations émises à l’égard de la population exposée aux fortes chaleurs. A chaque vague caniculaire, un plan est activé au niveau national. Il inclut la mise en place d’une plateforme téléphonique, qui peut être jointe au 0 800 06 66 66.

15 000 morts en France

Ces mesures de précaution découlent directement de la canicule de 2003, qui a fait 15 000 morts en France. Si les chaleurs sont habituelles entre juin et août, une vague de cette ampleur, de cette intensité et de cette durée n’était pas prévue. C’est pourtant la main de l’homme qui en est responsable, comme le rappellent des chercheurs de l’université d’Oxford (Royaume-Uni) dans la revue Environmental Research Letters.


Les chercheurs se sont concentrés sur deux villes d’Europe, durement touchées durant l’été 2003 : Londres et Paris, qui était alors la ville la plus chaude du continent. Les données de la mortalité ont été passées dans un modèle de simulation climatique de cette année funeste. L’équipe s’est concentrée sur les mois de juin à août. L’algorithme leur a permis de calculer quelle part des décès était attribuable à l’action de l’être humain sur le climat.

506 décès à Paris

Entre la capitale française et sa voisine britannique, la ville lumière paie clairement le prix fort du réchauffement planétaire. 70 % de la mortalité est liée à l’Homme contre 20 % à Londres. C’est bien l’impact des gaz à effet de serre et autres produits toxiques pour le climat qui sont en cause : la fréquence des vagues de chaleur et leur sévérité n’auraient pas dû être aussi fortes.

« Cette recherche montre que dans seulement deux villes, des centaines de décès peuvent être attribués à des températures bien plus élevées à cause de l’action de l’homme sur le climat », résume le Dr Daniel Mitchell. En effet, sur les 735 morts déplorés à Paris, 506 sont attribués à l’homme. A Londres, 315 personnes ont passé l’arme à gauche sur la même période. L’être humain est responsable de 64 d’entre eux.

 

(1) Ardèche, Drôme, Aude, Gard, Hérault, Landes, Pyrénées-Orientales, Var, Vaucluse

Comment se protéger des fortes chaleurs

Au cours d'une vague de canicule, s'hydrater régulièrement – en buvant de l'eau et en mouillant son corps – est vivement conseillé afin d'éviter les coups de chaleur. Santé publique France appelle aussi les personnes exposées, particulièrement si elles sont à risque, à manger en quantité suffisante, éviter les efforts physiques et ne pas boire d'alcool. Sur le plan de l'environnement, il est aussi possible d'agir : garder les volets fermés la journée, rester au frais (cinéma, supermarché, bibliothèque) sont ainsi recommandés.
Afin de lutter contre l'isolement, le ministère de la Santé demande aux familles de rester en contact durant ces périodes. Enfin, les employeurs peuvent aussi mettre la main à la pâte lorsque leurs salariés sont exposés aux conditions climatiques : un décret, paru en 2008, impose des mesures simples mais protectrices. Dans le secteur du BTP, par exemple, un local de repos ou un aménagement du chantier sont nécessaires.