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Reflux gastro-œsophagien

Reflux gastro-œsophagien: une brûlure acide qui monte du ventre vers la poitrine

Le reflux gastro-œsophagien, ou « RGO », est la remontée d’une partie du contenu acide de l’estomac dans l’œsophage. Ce reflux est secondaire à une défaillance d’un système qui bloque normalement le reflux : le « sphincter inférieur de l’œsophage ». Les complications à long terme sont potentiellement graves.

Igor Vershinsky/iStock
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Quels sont les principes du traitement du reflux gastro-œsophagien ?

Les principes généraux du traitement sont fonction de la gravité du reflux.
• Les règles hygiéno-diététiques sont indispensables dans tous les cas.
• En cas de reflux gastro-œsophagien léger avec des douleurs et brûlures occasionnels : il s’agit d’un traitement « à la demande » par des antiacides ou par période de 1 à 4 semaines par des médicament inhibiteurs de la pompe à proton (« IPP ») si les signes sont plus fréquents.
• En cas de reflux gastro-œsophagien modéré à sévère avec des douleurs ou brûlures quasi quotidiens ou pluri quotidiens, il faut instaurer un traitement médicamenteux à pleine dose pendant 1 à 3 mois et, par la suite, un traitement IPP à la demande si récidive occasionnelle des signes ou un traitement IPP continu si les signes récidivent fréquemment en évaluant l’intérêt d’un traitement chirurgical.
• En cas de reflux gastro-œsophagien compliqué avec œsophagite peptique : un traitement médicamenteux IPP est prescrit à pleine dose et parfois à double doses, avec parfois des séances de dilatations endoscopiques en cas de sténose associée de l’œsophage.
• Si l’œsophagite se complique d’un « endobrachyœsophage » le traitement est le même avec cependant la surveillance des lésions de la muqueuse par endoscopie et biopsie selon un protocole adapté au type de cancérisation (« carcinome in situ » ou « carcinome invasif »).

Quels aliments et quel régime en cas de reflux gastro-œsophagien ?

Des conduites simples au quotidien peuvent permettre de minimiser les douleurs liées au reflux gastro-œsophagien.
• Il faut éviter l’abus d’alcool, de café et de boissons gazeuses.
• En cas de surcharge pondérale, il vaut mieux perdre du poids.
• Pendant les repas, il faut éviter les plats copieux, riches en sauces, et les aliments gras (viandes grasses (côtelettes d’agneau, côtes de porc…), charcuterie, fromages qui fermentent : camembert, munster, bleu, chèvre, roquefort, livarot, brie) et privilégier les aliments légers. Le chocolat favorise le reflux.
• Il faut également prendre le temps de bien mastiquer les aliments, afin de ne pas surcharger l’estomac et favoriser la digestion (au moins 20 à 30 minutes par repas).
• Il est préférable de prendre de plus petits repas mais de manière plus fréquente.
• Il faut prendre son dernier repas au moins 3 à 4 heures avant l’heure du coucher car la position allongée favorise les reflux gastro-œsophagien et il faut laisser le temps nécessaire à son estomac d’accomplir le processus de digestion.
Il faut se reposer en position demi-assise après le repas.
En cas de fête de famille ou une soirée entre amis, il faut se servir de petites portions, éviter de se resservir à chaque plat, privilégier les légumes et les fruits et prendre le temps de mastiquer… et éviter d’accompagner chaque plat avec un verre de vin.
L’activité physique permet d’entretenir la masse musculaire et de lutter contre le surpoids. Elle est donc conseillée en évitant la période après le repas.
• Il faut éviter les postures à risques comme la position allongée ou la position penchée en avant (jardinage, les siestes et le sport juste après le repas sont à éviter en cas de reflux sévère). La marche juste après le repas n’est pas déconseillée.
• Il faut éviter la constipation car les efforts de poussée répétés favorisent le reflux du fait de la surpression intra-abdominale.
• Si malgré ces précautions les douleurs persistent, en particulier durant la nuit, il faut surélever la tête du lit d’environ 15 cm en installant des cales sous les pieds de la tête du lit.

Quel est le traitement médical du reflux gastro-œsophagien ?

Dans la plupart des cas on ne traite pas la cause du reflux, y compris une hernie hiatale et la récidive va survenir dès l’arrêt du traitement, mais le traitement médicamenteux IPP peut être proposé pour de très longues périodes.
• Pour neutraliser le contenu acide de l’estomac, on peut prescrire un antiacide sous forme de gel (Phosphalugel®, Maalox®).
• Pour protéger la muqueuse de l’œsophage, on peut prescrire des alginates qui surnagent dans l’estomac en milieu acide (Gel de polysilane®).
• Pour diminuer la sécrétion acide de l’estomac : des médicament inhibiteurs de la pompe à protons à pleine dose (ou à demi dose) sont disponibles, d’autant qu’il existe désormais des génériques (oméprazole, pantoprazole, lanzoprazole…). Il est préférable de les prendre le soir, si possible à jeun c'est-à-dire bien avant le repas du soir ce qui augmente de 30 % leur efficacité.

Quel est le traitement chirurgical du reflux gastro-œsophagien ?

Le traitement chirurgical est le seul traitement définitif du reflux gastro-œsophagien et il est envisagé en cas d’anomalies anatomiques responsables du reflux.
Il consiste à reconstituer chirurgicalement une barrière anti-reflux qui remplit le rôle joué normalement par le cardia. Le chirurgien réalise un montage dit « anti reflux » (par exemple « l’opération de Nissen »), elle permet notamment la réduction d’une éventuelle hernie hiatale.
Elle est maintenant le plus souvent réalisée par « cœlioscopie ». Les résultats sont satisfaisants dans 80 à 90 % des cas avec parfois des complications.
De nombreuses techniques endoscopiques sont actuellement en cours de validation : radiofréquence, injections dans le sphincter du bas œsophage, suture partielle du bas œsophage…