- Une étude montre que le chlorpyrifos est associé à un risque accru de la maladie de Parkinson.
- Selon les résultats, le risque de développer la pathologie neurodégénérative est 2,5 fois plus élevé en cas d'exposition importante.
- Les chercheurs ont identifié les dommages cérébraux provoqués en étudiant des animaux exposés au produit.
L’usage du pesticide chlorpyrifos résidentiel est interdit depuis 2008 et depuis 2020 pour l’agriculture en France et en Europe. Cette décision avait été motivée par sa neurotoxicité et ses effets nocifs sur l'environnement et la santé.
Et au vu des conclusions des chercheurs d’University of California - Los Angeles Health Science, la mesure est la bienvenue. L’équipe a, en effet, démontré que ce produit chimique est associé à un risque accru de maladie de Parkinson.
Chlorpyrifos : 2,5 fois plus de risque de maladie de Parkinson
Lors de cette étude présentée dans la revue Molecular Neurodegeneration, les scientifiques ont suivi 829 patients atteints de la maladie de Parkinson et 824 en bonne santé vivant en Californie. Ils ont aussi repris les rapports locaux sur l'utilisation de pesticides afin d’estimer l'exposition individuelle des participants au chlorpyrifos au fil des années.
L’analyse a révélé que les personnes ayant une exposition à long terme au chlorpyrifos avaient plus de 2,5 fois plus de risque de développer la maladie de Parkinson que les autres. "Cette étude établit le chlorpyrifos comme facteur de risque environnemental spécifique de la maladie de Parkinson, et non pas les pesticides en général", explique le Dr Jeff Bronstein, professeur de neurologie à UCLA Health et auteur principal de l'étude, dans un communiqué.
Parkinson : des tests sur les animaux lèvent le voile sur les mécanismes du lien
Pour comprendre comment le pesticide pouvait causer des lésions cérébrales, les chercheurs ont également lancé des études sur des animaux. Ils ont exposé des souris et des poissons-zèbres au chlorpyrifos pendant 11 semaines. Ces travaux ont confirmé que le pesticide avait un impact sur la santé.
"Les souris exposées à ce pesticide ont développé des troubles moteurs et ont perdu des neurones dopaminergiques, les mêmes cellules qui meurent chez les patients atteints de la maladie de Parkinson", notent les auteurs. Elles présentaient aussi une inflammation cérébrale et une accumulation anormale d’alpha-synucléine. Or, l’agrégation de ces protéines est liée à la maladie de Parkinson.
Les expériences sur les poissons-zèbres ont, pour leur part, montré que le pesticide impacte les neurones en perturbant l'autophagie, le processus cellulaire d'élimination des protéines endommagées. "Lorsque les chercheurs ont restauré ce processus de nettoyage ou ont retiré les protéines alpha-synucléine, les neurones ont été protégés des dommages", précise le communiqué.
"En démontrant le mécanisme biologique chez des modèles animaux, nous avons établi que cette association est probablement causale. La découverte que le dysfonctionnement de l'autophagie est à l'origine de la neurotoxicité nous oriente également vers des stratégies thérapeutiques potentielles pour protéger les cellules cérébrales vulnérables", ajoute le Dr Jeff Bronstein.
Pour l'expert et ses collègues, leurs travaux suggèrent aussi que les personnes ayant des antécédents d'exposition au chlorpyrifos devraient bénéficier d'une surveillance neurologique plus étroite.
Si le chlorpyrifos n’est plus utilisé en France, des résidus étaient encore détectables dans certains sols en 2023. Par ailleurs, plusieurs pays continuent de l’utiliser pour leurs cultures. Cette nouvelle étude appelle donc à maintenir la prudence.



