- L’insomnie se caractérise par une mauvaise qualité du sommeil, mais aussi par plusieurs autres symptômes.
- Pendant la journée, les patients peuvent ressentir de la fatigue, de la somnolence, de l'irritabilité ou encore d’altérations cognitives.
- Des chercheurs ont mis au point une application qui mesure quatre fois par jour, en temps réel, les symptômes dont souffrent les patients, ce qui permet de mieux appréhender l’efficacité des traitements de l’insomnie, au-delà de la seule qualité du sommeil.
Les somnifères sont-ils la bonne solution pour traiter l’insomnie ? Pour le savoir, des chercheurs ont mis au point une nouvelle méthode qui se concentre tout autant sur la qualité du sommeil que sur les symptômes ressentis pendant la journée. Leurs travaux ont été publiés dans la revue JAMA Network Open.
Les symptômes diurnes, aussi importants que l’insomnie
L’insomnie se caractérise par une mauvaise qualité du sommeil, mais aussi par plusieurs autres symptômes. Pendant la journée, les patients peuvent ressentir de la fatigue, de la somnolence, de l'irritabilité ou encore d’altérations cognitives. Selon le Manuel MSD, l’un des traitements proposés aux personnes insomniaques sont les somnifères. Ces médicaments sont généralement pris pendant quelques semaines, quand le manque de sommeil impacte trop le quotidien des patients.
Et c’est justement ce quotidien, c’est-à-dire les symptômes diurnes, que les chercheurs ont voulu mesurer. Selon eux, les questionnaires actuels évaluent plus efficacement la qualité du sommeil que les répercussions durant la journée, car ils ne sont pas en temps réels. Pourtant, le fait de plus ou moins bien dormir n’est qu’un des facteurs de réussite du traitement.
Une application pour mieux évaluer les symptômes diurnes
Leur méthode repose sur quatre évaluations quotidiennes et en temps réel, via une application installée sur le smartphone du patient. Pour la tester, ils ont mené une expérience pendant plus de 15 jours avec 40 adultes âgés de 60 à 85 ans, souffrant tous d'insomnie chronique. Ils ont été répartis en deux groupes : ceux recevant un somnifère et les autres prenant un placebo.
Sur l’application, ils devaient renseigner quatre fois par jour les symptômes qu’ils ressentaient : fatigue, somnolence, irritabilité et altérations cognitives. En parallèle, ils devaient aussi remplir les questionnaires classiques évaluant leurs habitudes de sommeil et leurs symptômes diurnes avant et après le traitement.
Résultats : les questionnaires classiques ont montré une amélioration globale de la sévérité de l'insomnie pour les deux groupes, mais pas de différence concernant les symptômes diurnes. En revanche, sur ce dernier aspect, l’application a bien mis en évidence des différences - certes faibles mais significatives - entre les deux groupes.
Comparativement aux personnes sous placebo, ceux recevant des somnifères avaient :
- une fatigue plus importante le matin, mais réduite durant l’après-midi et le soir;
- une vigilance cognitive plus faible en début de journée, mais normalisée au fil de la journée;
- une humeur sensiblement plus mauvaise aux quatre moments de la journée, mais sans différence significative cette fois.
“Améliorer le sommeil ne suffit pas, souligne Emerson M. Wickwire, PhD, auteur principal de l'étude, dans un communiqué. Nous devons déterminer dans quelle mesure les traitements améliorent le fonctionnement diurne, ce qui, selon les patients, est primordial. Dans cette étude, nous avons constaté que les questionnaires rétrospectifs n'ont pas permis de détecter les changements subtils liés au traitement, qui ont été mis en évidence par l'évaluation sur smartphone. (...) Ces résultats comblent une lacune importante dans la prise en charge clinique et la recherche sur les troubles du sommeil.”
Les participants ont généralement trouvé l’application facile à utiliser. À terme, cette technologie pourrait donc améliorer la prise en charge des patients atteints d’insomnie, c’est-à-dire 15 à 20 % de la population en France, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).



