- Des chercheurs ont remarqué que le taux de la protéine Shugoshin 1 diminuait dans les ovules en vieillissant.
- En l'injectant dans des ovules de femmes en parcours de PMA, ils ont découvert que cela réduisait les erreurs chromosomiques.
- La méthode réduit de moitié le nombre d'ovocytes présentant des anomalies chromosomiques.
La qualité des ovules diminue avec l’âge et cela impacte les chances de grossesse, qu’elle soit naturelle ou obtenue grâce à une FIV. Toutefois, des chercheurs sont parvenus à donner un coup de jeune à ces gamètes en y introduisant une protéine. Ce qui pourrait révolutionner les parcours PMA.
Leurs travaux ont été présentés lors de la conférence britannique sur la fertilité tenue à Édimbourg, le 9 janvier 2026.
Fertilité : l'injection d'une protéine booste la qualité des ovules
"La plupart des femmes d'une quarantaine d'années possèdent des ovules, mais la quasi-totalité d'entre eux présentent des anomalies chromosomiques. C'est ce qui nous a motivé à nous attaquer à ce problème", a confié au Guardian la professeure Melina Schuh, directrice de Max Planck Institute for Multidisciplinary Sciences de Göttingen et cofondatrice d'Ovo Labs, une entreprise qui ambitionne de commercialiser la technique de "rajeunissement" des ovules mise au point.
Les anomalies chromosomiques reposent principalement sur une mauvaise division des chromosomes des ovules. Ce qui conduit à en avoir trop ou pas assez. En étudiant les ovules, la chercheuse et son équipe ont découvert que le taux d'une protéine appelée Shugoshin 1 diminue avec l’âge. Or, cette dernière semble agir comme une colle pour les paires de chromosomes. Les scientifiques ont ainsi eu l’idée d’injecter la protéine directement dans des ovules humains de souris. Résultats : les microinjections de Shugoshin 1 semblaient inverser le problème de la mauvaise séparation des paires de chromosomes.
Pour étudier concrètement le rôle de la protéine, les scientifiques ont utilisé des ovules donnés par des patientes de la clinique de fertilité Bourn Hall à Cambridge. Certains ont reçu des injections de la protéine afin d’afficher des niveaux comparables à des ovules “jeunes” et d’autres n'ont eu aucun traitement. Le taux de défauts chromosomiques pour les gamètes “supplémentés” en Shugoshin 1 était seulement de 29 % contre 53 % pour les ovules témoins. La protéine se révélait aussi efficace sur les ovules des femmes de plus de 35 ans (44 % contre 65 %).
Des ovules rajeunis pour augmenter la réussite de la FIV
Cette approche ne permettrait pas de prolonger la fertilité au-delà de la ménopause, mais elle pourrait réduire les risques de malformations chromosomiques, de fausses-couches et d’échec de la FIV. "Globalement, nous pouvons quasiment réduire de moitié le nombre d'ovocytes présentant des anomalies chromosomiques. C'est une amélioration considérable", assure Pr Melina Schuh.
Dr Agata Zielinska, cofondatrice et codirectrice générale d'Ovo Labs, ajoute : "Actuellement, face à l'infertilité féminine, la seule solution accessible à la plupart des patientes est de recourir à la FIV à plusieurs reprises afin d'augmenter progressivement leurs chances de succès. Notre objectif est de permettre à un nombre beaucoup plus important de femmes de concevoir dès le premier cycle de FIV."
Un article scientifique sur leurs travaux a également été pré-publié en ligne sur le site Biorxiv.


