Ces jours-ci, vous entendez parler de grèves de médecins libéraux. Des cabinets fermés, des rendez-vous annulés, des délais qui s’allongent. Et vous vous posez des questions légitimes : pourquoi maintenant ? pourquoi nous ? Votre inquiétude est compréhensible. Votre désarroi aussi.
Les médecins le savent. Et ils ne le méprisent pas. Si ce mouvement existe aujourd’hui, ce n’est ni par confort, ni par désinvolture à l’égard des patients. La grande majorité des médecins libéraux n’ont jamais cessé de soigner, même quand cela devenait difficile, même quand cela n’était plus soutenable. S’ils en arrivent là, c’est parce qu’ils ont le sentiment profond que le système de santé tel qu’il fonctionne aujourd’hui n’est plus en mesure de vous garantir, demain, l’accès aux soins que vous êtes en droit d’attendre.
Une crise qui vous concerne directement
Ce que vivent les médecins, vous le ressentez déjà :
- Des délais de rendez-vous plus longs
- Des cabinets qui ferment
- Des urgences saturées
- Des parcours de soins de plus en plus compliqués.
Il ne s’agit pas seulement d’un problème de nombre de médecins. Il s’agit d’un système qui n’a pas suffisamment investi dans le soin de proximité, dans la coordination, dans la prévention. Un système qui repose trop sur l’hôpital, alors que l’essentiel de la prise en charge devrait se faire près de chez vous, avec les professionnels que vous connaissez.
Pourquoi une grève ?
Parce que depuis trop longtemps, les alertes n’ont pas été entendues. Parce que les réformes se succèdent sans vision d’ensemble.
Parce que la confiance s’est érodée entre les soignants et les décideurs.
La grève n’est pas une fin en soi. C’est un signal, un appel à regarder la réalité en face avant qu’il ne soit trop tard.
Ce que les médecins défendent, au fond
Ils défendent un système où votre médecin traitant, votre pharmacien, votre infirmier puissent travailler ensemble, de manière coordonnée. Un système où les consultations complexes, celles qui demandent du temps, de l’écoute et de l’expertise, soient reconnues. Un système où l’hôpital se concentre sur les situations les plus graves, et où la médecine de ville redevienne la porte d’entrée naturelle des soins.
Un engagement intact
Les médecins comprennent votre incompréhension, parfois votre colère. Ils savent que cette situation est difficile pour vous.
Mais ils veulent que vous sachiez une chose : ce combat n’est pas contre les patients. Il est mené pour préserver, demain, votre accès aux soins, partout sur le territoire.
Vous êtes en droit de comprendre. Et vous êtes en droit d’attendre que le système de santé se réforme avec sérieux, courage et respect de celles et ceux qui le font vivre.
C’est à cette condition seulement que la confiance pourra être restaurée.


