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Inégalités territoriales

Accès aux soins : c'est prouvé, plus de médecins généralistes augmente l'espérance de vie

10 médecins généralistes supplémentaires pour 100 000 habitants sont associés à une augmentation moyenne de 51,4 jours d’espérance de vie. 

Accès aux soins : c'est prouvé, plus de médecins généralistes augmente l'espérance de vie Ridofranz / istock

  • Publié 19.02.2019 à 11h15
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Une simple augmentation du nombre de médecins généralistes ferait gagner presque deux mois d’espérance de vie à la population, selon une nouvelle étude américaine. L’objectif était ici "d’identifier les changements au niveau de l'offre des médecins dans les comtés américains et les associations entre ces modifications et la mortalité de la population", indiquent les auteurs en préambule.  

Une augmentation moyenne de 51,4 jours d’espérance de vie

Aux Etats-Unis, le nombre de médecins a globalement augmenté ces dernières années, mais leur répartition sur le territoire est de plus en plus inégale. La proportion de praticiens américains est passée de 196 014 en 2005 à 204 419 en 2015, mais l'offre moyenne a diminué de 46 médecins généralistes à 41 pour 100 000 habitants, avec des baisses plus importantes dans les zones rurales.

Forts de ces éléments, les chercheurs ont calculé que 10 médecins généralistes supplémentaires pour 100 000 habitants étaient associés à une augmentation moyenne de 51,4 jours d’espérance de vie, tandis qu'une augmentation de 10 spécialistes pour 100 000 habitants correspondait à 19,2 jours d’espérance de vie supplémentaires. "10 médecins généralistes supplémentaires pour 100 000 habitants ont été associés à une réduction de 0,9 % à 1,4 % de la mortalité cardiovasculaire, cancéreuse et respiratoire", indique aussi l’essai, qui se base sur les données médicales de 3142 comtés américains.

Le nombre de médecins français en activité régulière a diminué de 10%

Depuis 2010, le nombre de médecins français en activité régulière a diminué de 10%, et cette tendance à la baisse concerne en premier lieu les médecins généralistes. S’ils étaient 94 261 en activité régulière en 2010, ils ne sont plus que 87 801 en 2018, soit une baisse de 7,3% depuis 2010 (0,4% depuis 2017).

Les dernières données du CNOM révèlent aussi un accroissement des inégalités entre les départements les mieux lotis en termes de densité médicale. Les départements les moins bien pourvus comptent en effet désormais 1,6 fois moins de généralistes que les mieux lotis, contre 1,4 fois moins en 2010. L’écart s'avère encore plus important pour différentes autres professions, avec par exemple 2,6 fois moins d'ophtalmologues, 2,7 fois moins de psychiatres et 3,6 fois moins de dermatologues dans les zones les plus sous-dotées.

Récemment dénoncées dans une tribune politique, les inégalités sociales et territoriales de santé demeurent de ce fait en France à des niveaux élevés et commencent dès le plus jeune âge. Elles se traduisent chez les hommes par un écart de 13 ans de l’espérance de vie entre les plus aisés et les plus modestes, et 8 ans pour les femmes. Pour les femmes sans aucun diplôme, le risque de mettre au monde un enfant de petit poids (moins de 2500 grammes) est 50% plus élevé que pour celles ayant le bac. En matière bucco-dentaire, moins de 2% des enfants de cadres ont au moins deux dents cariées non soignées, contre 11% des enfants d'ouvriers. En classe de CM2, l'indice d'obésité varie de 1 à 10 entre enfants de cadres et d'ouvriers. 

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