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Influence des films porno

Sexe anal : les jeunes filles sont souvent contraintes

Par Julian Prial

Selon une étude britannique, les premières expériences sexuelles anales des ados se déroulent rarement dans des circonstances de plaisir mutuel. Souvent, le jeune homme l'impose à la jeune femme. 

LE LANN/SIPA
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Les jeunes hommes ne se préoccupent pas toujours de savoir si leur partenaire féminine est d'accord pour avoir des relations sexuelles anales. Et la douleur ressentie par ces dernières lors d'une sodomie est considérée comme « normale » de leur point de vue. Telles sont les conclusions d'une étude anglaise publiée ce jeudi dans la revue scientifique BMJ Open.

Les jeunes hommes s'inspirent souvent des films "porno"
Pour parvenir à ce constat, les chercheurs de la London School of Hygiene and Tropical Medicine ont analysé les attentes, les attitudes et les expériences des rapports anaux entre partenaires de sexe opposé. Et les conséquences que ceux-ci pourraient avoir sur leur santé mentale et physique. Pour cela, cette équipe anglaise a interrogé 130 Britanniques (hommes et femmes) âgés de 16 à 18 ans. 
Du côté des hommes, les chercheurs notent que ces derniers « ont tendance à établir une corrélation entre le sexe anal et a réussite sexuelle. » Ces auteurs expliquent qu'il y aurait entre certains jeunes hommes « une véritable concurrence afin d'avoir des relations sexuelles anales avec les femmes. »

Par ailleurs, ces sujets masculins ont cité le cinéma pornographique « comme principale source d'inspiration dans leur pratique du sexe anal. » C'est d'ailleurs le visionnage de ces films qui les poussent bien souvent à vouloir pratiquer eux-mêmes le sexe anal, dans le rôle du « dominant » précisent-ils. Enfin, les jeunes hommes ont prétendu devant l'équipe de scientifiques qu'ils trouvaient la sodomie plus agréable que la pénétration vaginale. Cela sans peu de considération pour la douleur que peuvent ressentir certaines de leurs partenaires.

Les filles ont peur d'être perçues comme des "coincées"
Pour leur part, les jeunes femmes ont indiqué aux chercheurs qu'elles avaient une peur de la douleur physique avant l'acte. Ainsi, celles qui ont pratiqué la sodomie l'ont fait principalement pour plaire à leurs partenaires. Avec une peur d'être considérées comme des filles « coincées » si elles refusaient. Plus inquiétant, certaines d'entre elles ont même confié quelques situations où elles avaient été sodomisées sans leur consentement explicite. Dans ces cas-là, elles expliquent que le garçon se défend souvent en prétendant qu'il a « glissé »... Une excuse « facile » et parfois « fausse », ont reconnu certains jeunes hommes.
Une bonne note toutefois dans ces travaux, la plupart des couples étaient parfaitement au courant des dangers de sexe anal, en particulier le fait que le sexe anal non protégé peut conduire à la transmission des maladies sexuellement transmissibles.

En discuter avec son partenaire plutôt qu'imposer 
Pour l'auteur principal de l'étude, le Dr Cicely Marston, « nos résultats suggèrent un besoin urgent d'agir pour réduire les méfaits associés à la pénétration anale, notamment en réfutant les idées qui normalisent la coercition que vivent certaines jeunes femmes. Les parents et la société en général doivent discuter ouvertement des relations sexuelles anales avec les jeunes. En mettant toujours en évidence l'importance de la "réciprocité" entre les deux partenaires. Notre étude est un plaidoyer pour une discussion sans tabou sur le sujet. Surtout que des recherches antérieures ont montré qu'une minorité non négligeable de jeunes ont déjà eu des relations sexuelles anales », précise ce chercheur. 
Et le Dr Marston, co-auteur des travaux, de conclure en indiquant : « Les débats actuels sur le sexe chez les jeunes semblent souvent se concentrer uniquement sur l'impact de la pornographie. Nos travaux suggèrent que nous devons réfléchir plus largement sur ??le peu d'importance que la société accorde aux droits des femmes, leurs désirs et leurs préoccupations. »