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Infertilité

Fécondation in vitro : un calculateur pour évaluer ses chances de réussite

Par Anne-Laure Lebrun

Des chercheurs australiens ont mis au point un calculateur en ligne pour les couples infertiles qui ont recours à la fécondation in vitro.

halfpoint/epictura

En France, près d’un couple sur cinq est confronté à l’infertilité. Après avoir tenté pendant des années d’avoir un enfant, nombreux sont ceux qui se tournent vers la médecine de la reproduction. En 2013, 23 651 enfants ont été conçus par assistance médicale à la procréation (AMP ou PMA) alors que 140 519 tentatives d’AMP (insémination artificielle, fécondation in vitro…) ont été recensées. Ces « bébés-éprouvette » représentent environ 3 % des enfants nés en 2013, soit un enfant sur 34.

Mais malgré ces données réjouissantes de l’Agence de la biomédecine, les couples qui ont recours à ces techniques restent inquiets. Car ce long processus thérapeutique ne garantit pas d’avoir un enfant. Alors pour les aider à estimer leurs chances de conception, des chercheurs australiens ont mis un point un calculateur en ligne. Ils présentent leur outil dans le dernier numéro du British Medical Journal.

Calculer ses chances avant ou après la FIV

Cette équipe de l’université d’Aberdeen a développé deux tests. L’un pour calculer ses chances d’avoir un enfant avant la première tentative de fécondation in vitro (FIV) et l’autre prévu pour évaluer les chances après plusieurs cycles infructueux.

Ces outils disponibles en ligne par tous ont été conçus à partir des données collectées par les services de médecine de la reproduction britannique entre 1999 et 2008, soit près de 114 000 femmes et 184 200 cycles complets de FIV. L’analyse de ces informations indiquent que les probabilités de tomber enceinte après la trentaine diminue, et déclinent d’autant plus vite que la période d’infertilité est longue.

Ainsi, pour calculer les chances du couple, le test prend en compte l’âge de la femme, la cause de son infertilité ou l’infertilité masculine. « Prenons une femmes âgée de 30 ans qui n’a jamais été enceinte et qui essaye de concevoir depuis 2 ans, illustre le Dr David Mclernon. Elle n’a jamais reçu de diagnostic médical expliquant son infertilité. Dans le test, nous allons donc cocher infertilité inexpliquée. Si cette jeune femme a recours à la FIV, ses chances d’avoir un enfant après un seul cycle de FIV est de 46 %, et après 3 cycles ses chances seront de 79 % ».


Améliorer la communication

Pour les couples qui ont déjà eu recours à des traitements de l’infertilité, le 2ème test prend en compte les informations collectés suite à la première tentative comme le nombre d’ovocytes prélevés et le nombre d’embryons transférés.

Ces outils de prédiction sont les premiers modèles scientifiquement étudiés disponibles sur internet. Les chercheurs australiens estiment qu’ils pourraient améliorer la communication entre les équipes médicales et les couples.

Ils signalent toutefois que les données collectées par les services britanniques ne faisaient pas état des caractéristiques des patients telles que l’indice de masse corporelle, la consommation d’alcool ou de tabac, ainsi que les taux d’hormones féminines. Des facteurs qui peuvent influencer les chances de conception, et donc modifier les résultats fournis par ces deux tests.