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Prégabaline

Malformations congénitales : un anti-épileptique augmente les risques

Par Caroline Delavault

La prégabaline, un médicament notamment prescrit dans certains cas d'épilepsie, serait associé à des malformations congénitales, selon une étude suisse.

Epictura/Halfpoint
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Après la dépakine, un autre médicament contre l'épilepsie pourrait être à son tour déconseillé aux femmes enceintes. Une étude publiée dans la revue médicale Neurology et réalisée par des chercheurs du CHU de Lausanne (Suisse), indique en effet que la prégabaline pourrait être associée à un risque accru de malformations congénitales majeures. Cette molécule est également prescrite pour traiter les douleurs neuropathiques, les troubles anxieux généralisés (TAG) ou encore certains troubles neurologiques.

Les chercheurs suisses ont suivi près de 820 grossesses. 164 femmes enceintes qui avaient pris de la prégabaline et 656 autres futures mères qui ne prenaient pas ce médicament anti-épileptique. Les scientifiques ont contacté les mères et leur praticien après l’accouchement. Parmi les femmes qui prenaient le médicament, 115 l’utilisaient pour traiter des douleurs neuropathiques, 39 autres femmes pour apaiser des troubles psychiatriques, y compris la dépression et l’anxiété, cinq d’entre elles prenaient le traitement pour de l’épilepsie et d’autres pour le syndrome des jambes sans repos. 

Six fois plus de risque 

Après avoir analysé leurs données, les chercheurs ont constaté que la prise de prégabaline au cours du premier trimestre de grossesse entraînait un risque trois fois plus élevé de malformations congénitales majeures. Sept des cent-seize bébés exposés à la prégabaline (6 %) présentaient une malformation congénitale grave. Ce pourcentage n’était que de 2 % pour les autres grossesses. Parmi les malformations observées, les chercheurs ont relevé des malformations cardiaques, des problèmes structurels du système nerveux central (SNC) ou encore des malformations de certains organes. Plus de la moitié des femmes prenaient de la prégabaline avant le début de leur grossesse et certaines prenaient d'autres médicaments pour traiter l’épilepsie, en plus de la prégabaline. 

 

Des études plus importantes devront confirmer les résultats 

« Nous ne pouvons pas tirer de conclusions définitives, étant donné que beaucoup de femmes prenaient d’autres médicaments qui auraient pu jouer un rôle dans les anomalies congénitales », explique la Pr Ursula Winterfeld, auteur de l’étude, dans un communiqué. Le Centre de référence français sur les agents tératogènes (CRAT) indique pour sa part que « les données publiées chez les femmes enceintes exposées à la prégabaline en cours de grossesse sont peu nombreuses, mais aucun élément inquiétant n’est retenu à ce jour ». Les travaux suisses amèneront peut-être à des modifications des recommandations de prescription, si ces résultats étaient confirmés par des études de plus grande ampleur. « La prégabaline doit être prescrite pour les femmes en âge de procréer seulement après s’être assuré que les avantages du médicament l’emportent sur les risques », conclut la professeure.