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Mutation du virus A H3N2

Grippe : le vaccin ne correspond pas au virus en circulation aux Etats-Unis

Par Denis Boucheny avec Julie Levallois

Seule la moitié des virus grippaux correspondent à la souche du vaccin injecté aux Etats-Unis, selon un récent bilan. Le virus A H3N2 est plus virulent que celui qui circule en France, de type B.

Rogelio V. Solis/AP/SIPA
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Le virus de la grippe en circulation a muté. C’est le constat des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Le vaccin antigrippal disponible aux Etats-Unis ne correspond pas tout à fait à la souche qui circule actuellement sur le territoire, ont-ils souligné ce 3 décembre.

 

Une souche virulente
Les CDC ont récolté des échantillons du 1er octobre au 22 novembre. Seule une petite moitié correspond à la souche utilisée dans le vaccin, le virus A H3N2. Cela suggère que le virus a muté, concluent les experts des CDC, ce qui signifie que le vaccin sera un peu moins efficace.

Le virus a muté, mais il reste important de vacciner, insiste l’Agence sanitaire. Le virus A H3N2 est plus virulent que les autres souches en circulation (A H1N1, B) et entraîne plus d’hospitalisations et de décès. Bien que moins efficace, le vaccin permettra d’éviter les complications, particulièrement dans les populations à risque.

 

Pari gagné en France

En France, la situation est moins préoccupante. A la différence des Etats-Unis, c’est un virus de type B qui domine à 70 %, ce qui n’était plus le cas depuis plusieurs années. Mais les vaccins correspondent. « C’est un virus B de type Yamagata, celui qui se trouve dans les souches du vaccin hémisphère sud. C’est un virus connu, qui circule depuis quelques années », analysait en octobre Elizabeth Brottet, épidémiologiste à la Cire (1) Océan Indien. L’épidémie à la Réunion précède celle de la France métropolitaine, précise cette chercheuse, et les deux sont souvent similaires.

 

Le virus de type B est à prendre au sérieux, précise Elizabeth Brottet : il touche davantage les personnes à risque. Et les patients hospitalisés pour syndrome grippal ne s’étaient pas vaccinés. « Sachant qu’il y avait plusieurs années qu’on n’avait pas eu d’épidémies à virus B à la Réunion, on peut supposer que la population est moins immunisée contre ce virus, ce qui a fait qu’il s’est très bien implanté », a expliqué à pourquoidocteur l’épidémiologiste. En métropole, la grippe circule encore peu, selon le réseau de veille Sentinelles.

 

 

 

 

(1) Cire Océan Indien : Cellule de l’Institut de Veille Sanitaire en région