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Ebola en France : le ministère répond point par point à Patrick Balkany

Par Bruno Martrette

Patrick Balkany a alerté "en urgence" le ministère de la Santé sur des cas d'Ebola recensés en France, selon ses sources médicales qu'il qualifie de "fiables". Une info démentie fermement par la DGS.

Patrick Ballkany, Député-Maire de Levallois-Perret, ANTONIOL ANTOINE/SIPA

« Les affirmations de Patrick Balkany sont non seulement fausses, mais elles sont surtout irresponsables ». C'est la réponse cinglante faite par le ministère de la Santé au maire UMP de Levallois-Perret. Dans une question écrite à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, reprise sur son blog lundi, le député de la 5e circonscription des Hauts-de-Seine, affirmait que plusieurs cas de personnes contaminées par le virus Ebola ont été signalés en France. Tenant ces informations d'une source médicale « fiable », selon lui, l'homme politique a donc voulu se transormer en lanceur d'alerte. Mais l'élu refuse toujours de livrer l'origine et le nom de ses « sources médicales. ». Mais surtout, le ministère de la Santé vient d'apporter un vif démenti point par point à M. Patrick Balkany.

Un dépistage des voyageurs avant l'embarquement
Contacté par la rédaction de pourquoidocteur, la Direction Générale de la Santé (DGS) a souhaité rassurer les Français chez qui l'inquiétude monte. « Pour éviter que le virus ne se propage hors des zones actuellement touchées, des mesures de prévention spécifiques ont été prises par les pays concernés, mais également par les autorités sanitaires françaises », indique la DGS.
Parmi elles, au niveau des pays touchés par le virus, la Direction rappelle qu'un dépistage des voyageurs « est réalisé par des soignants, avant l’embarquement, dans les aéroports des pays à risque. » 
Par ailleurs, elle souligne que les mesures de prévention prises en France « consistent également à prendre en charge très rapidement tout cas suspect de retour d’un pays à risque, afin de pouvoir l’isoler très rapidement et le prendre en charge dans des conditions optimales. » Difficile donc de passer entre les mailles du filet, estime la DGS.

Touts les patients suspects ont été exclus 
Et des patients suspects, les unités de soins spécialisées en ont appréhendé plusieurs en France depuis le début de l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui sévit toujours en Afrique de l'Ouest (1013 décés recensés depuis mars 2014). « Ce sont des personnes revenant depuis moins de 21 jours d’un des pays où circule le virus de FHV Ebola et présentant une fièvre supérieure à 38°5 C », explique la DGS. « Mais heureusement, tous se sont révélés négatifs. » « Certains parce qu'ils ont été exclus grâce aux analyses biologiques, d'autres parce que les médecins se sont rapidement aperçus qu'ils souffraient d'une simple grippe ou plus souvent de paludisme. »

En outre, le ministère de la Santé indique aussi que la France n'a pour le moment rencontré aucun cas « possible » d'Ebola, c'est à dire des personnes qui reviennent aussi d'une zone à risques, mais présentent en plus une forme clinique grave inquiétante pour les médecins (vomissements, irritation de la gorge, diarrhées, insuffance rénale...). Mais surtout, ces patients sont plus redoutés des autorités sanitaires « car ils ont été potentiellement exposés à des personnes malades infectées par le virus Ebola », précise la DGS.

Ebola : une maladie à déclaration obligatoire  
Enfin, la Direction Générale martèle une nouvelle fois qu'il n'y a pour le moment « aucun cas confirmé d'Ebola sur le territoire national. » Et au service de presse de la DGS, on insiste : « Faites-nous confiance, même si nous faisons tout pour que cela ne nous arrive pas, nous serons les premiers à communiquer si ce scénario se produisait. Et les médecins aussi car il s'agit d'une maladie à déclaration obligatoire du fait de sa dangerosité. Ne pas la signaler est extrêmement dangereux et consiste à une mise en danger de la vie d'autrui. »