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QUESTION D'ACTU

Sérum "ZMapp", vaccins préventifs...

Ebola : donner des traitements expérimentaux est éthique, selon l'OMS

Ce mardi, l'OMS a approuvé l'utilisation de médicaments non homologués pour lutter contre l'épidémie d'Ebola. Des traitements dont l'efficacité n'est pas connue, ainsi que les effets secondaires.

Ebola : donner des traitements expérimentaux est éthique, selon l'OMS Le Dr Marie-Paule Kieny, Sous-Directeur général de l’OMS pour les systèmes de santé et l'innovation, Salvatore Di Nolfi/AP/SIPA

  • Publié 12.08.2014 à 17h09
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Après avoir réuni un comité d'éthique, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a approuvé ce mardi l'emploi de traitements non homologués pour lutter contre l'épidémie d'Ebola qui sévit actuellement en Afrique de l'Ouest (1013 décés recensés depuis mars 2014). « Devant les circonstances de l'épidémie et sous réserve que certaines conditions soient remplies, le comité a abouti au consensus estimant qu'il est éthique d'offrir des traitements non homologués dont l'efficacité n'est pas encore connue ainsi que les effets secondaires, comme traitement potentiel ou à titre préventif », explique l'Organisation dans un communiqué publié aujourd'hui.

Cet avis de l'OMS ouvre ainsi la voie à une utilisation à plus grande échelle de l'anticorps expérimental, le sérum « ZMapp », développé dans un laboratoire privé aux États-Unis.
Pour le moment, celui-ci n'a été administré qu'à deux volontaires américains en mission infectés sur place (Libéria), et qui ont été rapatriés aux États-Unis et mis en quarantaine. Les deux patients ont réagi de manière positive au traitement. Toutefois, un prêtre espagnol qui a bénéficié du même sérum expérimental (l'Espagne avait exceptionnellement autorisé l'importation), est en revanche décédé ce mardi. Dans ce contexte, nul ne doute que cette prise de position de l'OMS ne va pas tarder à faire réagir.

Des traitements dont nul ne connaît les effets secondaires
Contacté lundi par pourquoidocteur, le Dr Sylvain Baize, qui a découvert la souche « Zaïre » d'Ebola le premier dans son laboratoire lyonnais, a refusé de prendre position "pour" ou "contre" ces traitements expérimentaux. Selon lui, deux questions éthiques se posent face à un tel dilemme : « Est-ce qu'on a le droit d'administrer un traitement qui n'a jamais été testé chez l'homme à des gens qui vont naturellement survivre au virus Ebola ? Si tout le monde mourrait de l'infection on se poserait moins de questions. Mais face à cette souche d'Ebola, il y a près de la moitié des malades qui vont survivre naturellement après avoir été contaminés. Or, ces patients vont eux aussi recevoir un traitement alors qu'ils n'en avaient pas forcément besoin. Et le problème, c'est que ces produits ont "potentiellement" des effets secondaires vu qu'on ne les connaît pas encore. »

Difficile de produire à l'échelle industrielle
Pour cette raison, le comité de l'OMS a défini comme conditions d’emploi de ces traitements « une transparence absolue quant aux soins, un consentement informé, la liberté de choix, la confidentialité, le respect des personnes, la préservation de la dignité et l’implication des communautés. »
En outre, les experts se réfèrent à « l’obligation morale de collecter et partager les données sur la sécurité et l’efficacité de ces interventions » qui doivent faire l’objet d’une évaluation constante en vue de leur utilisation future.
Enfin, en plus de cet avis, le comité a identifié certains domaines qui, selon ces experts, ont besoin d'une discussion plus approfondie. Parmi eux, « la nécessité de parvenir à fixer des critères éthiques afin de s'assurer d'une répartition équitable des traitements expérimentaux entre les communautés dans les différents pays touchés. »
Une question éthique sur laquelle Sylvain Baize se montrait sceptique hier. Selon lui, « il est peu probable que ces traitements expérimentaux puissent bénéficier à tout le monde. On a vu récemment qu'il y avait déjà des difficultés à produire le "ZMapp" à l'échelle industrielle. Du coup, on se demande toujours à qui va bénéficier ce traitement. La question que l'on peut se pose tous est :  " A qui vont être distribuées les doses et en quelle(s) quantité(s) ?" », concluait-il.  


 

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