- La pomme est associé à une réduction des risques de maladies chroniques. Mais ce bienfait n'est pas observé chez tout le monde.
- Des chercheurs ont découvert que ces différences de réponse aux pommes sont liées au microbiote.
- Pour eux, il serait ainsi intéressant de prendre en compte la composition du microbiote lors des interventions alimentaires.
La citation "Une pomme par jour éloigne le médecin" complétée par Winston Churchill avec ce trait d'humour anglais "pourvu que l'on vise bien" (!) n’est pas totalement dénuée d’argument au vu des nombreuses vitamines, nutriments et polyphénols présents dans le fruit. D'ailleurs, plusieurs études ont montré que la consommation de pommes est liée à une réduction de risque de maladies chroniques. Toutefois, elles ont aussi mis en lumière une grande variabilité des réponses.
Des chercheurs japonais ont découvert pourquoi nous ne bénéficions pas tous de la même manière des bienfaits du fruit. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Frontiers, le 10 avril 2026.
La composition du microbiote module les réponses à la consommation de pomme
Pour cette étude, les scientifiques ont réuni 38 femmes et hommes japonais en bonne santé âgés de 40 à 65 ans. Ces volontaires ont été invités à remplir un questionnaire sur leur activité physique et leurs habitudes tabagiques et à fournir une copie de leur dossier médical. Leur microbiote a également été analysé avant le début de l’expérience.
Les participants ont ensuite eu la consigne de manger une pomme fraîche par jour pendant 12 semaines et d’éviter tous les autres produits riches en polyphénols comme le thé vert. Les analyses fécales ont permis d’identifier trois types de compositions intestinales : Bacteroidaceae (ET1), Ruminococcaceae (ET2) et Prevotellaceae (ET3). L’équipe a aussi repéré une association entre cinq familles de bactéries intestinales (Bifidobacterium, Lachnospira, Prevotella, Anaerostipes et Dialister) et l'obésité ainsi que l'état d'hyperlipidémie des participants.
Les chercheurs ont observé peu de différence en termes d'IMC de glycémie ou de profil lipidique entre les trois différentes compositions du microbiote. Par contre, ils ont remarqué que "les concentrations d'acides gras à chaîne courte (connus pour booster l’immunité, la santé intestinale et protéger contre l’obésité, NDLR) ont augmenté de manière significative après la consommation de pommes chez les participants classés comme profil ET1 dominant Bacteroidaceae".
Prendre en compte la composition du microbiote lors des interventions alimentaires
Pour l’équipe, ces résultats montrent que la composition du microbiote intestinal des participants influence les réponses fonctionnelles de l’organisme à la consommation de pommes. Ce qui pourrait expliquer pourquoi les bénéfices du fruit ne sont pas observés chez tous les humains.
Les scientifiques ajoutent que leur étude met aussi en lumière "l'importance de prendre en compte la composition du microbiote intestinal lors de l'évaluation des interventions alimentaires".


