- Des chercheurs ont découvert un lien entre la constipation et le risque de dépression.
- La constipation est associée à un risque de dépression deux fois plus élevé.
- Pour les auteurs, il faudrait associer les soins gastro-intestinaux et de santé mentale.
La constipation est un problème très fréquent. On estime qu’environ 15 % à 20 % des adultes en souffrent. Pour 3 à 5 %, il s’agit même d’un trouble chronique. C’est-à-dire que les difficultés à aller à la selle persiste depuis plus de 6 mois. Et cela ne se traduit pas uniquement par un inconfort pénible ! Une étude publiée dans la revue Translational Psychiatry révèle que la constipation est associée à une probabilité plus élevée de dépression.
Plus de risque de dépression chez les personnes constipées
De nombreuses observations cliniques avaient relevé que de nombreuses personnes touchées par des troubles intestinaux présentent aussi des symptômes dépressifs. Pour les vérifier, des chercheurs de Zhengzhou University (Chine) ont décidé de passer au crible 18 études menées sur la constipation. Cela représente un total de plus 730.000 volontaires provenant d’Amérique du Nord, d’Asie, d’Europe et d’Océanie. Tous ces travaux avaient évalué les symptômes dépressifs et la présence ou non de constipations chez ces participants.
L’analyse des données montre que la constipation est liée à un risque de dépression environ deux fois plus élevé. "Des associations plus fortes ont été observées chez les adolescents, dans des études menées en Asie et en Amérique du Nord, dans des études plus petites et chez ceux qui utilisent des mesures de dépression autodéclarées", ajoutent les auteurs dans leur article.
Dépression et constipation : il faut des soins intégrés
Les scientifiques chinois précisent que leur étude ne permet pas d’établir avec certitude un lien de causalité. L’association qu’ils ont découverte pourrait donc être bidirectionnelle. Ainsi, il est ainsi possible que le trouble digestif contribue aux symptômes dépressifs via l'axe intestin-cerveau tandis que la dépression favorise de son côté la constipation via l’hygiène de vie (alimentation, sédentarité…) ou les hormones.
Si une incertitude persiste concernant les mécanismes de cette association, les chercheurs estiment que leurs résultats soulignent "l'importance des soins gastro-intestinaux et de santé mentale intégrés, en particulier pour les personnes plus jeunes souffrant de constipation chronique". Pour eux, ils soutiennent également l'intérêt de mener des "études prospectives et mécanistes ciblant l'axe intestin-cerveau".



