- Des cellules immunitaires "mémoires" restent dans la muqueuse nasale après une infection grippale.
- Ces cellules permettent de réduire la quantité de virus dans le nez et de diminuer les risques de formes graves de la maladie.
- Les chercheurs suggèrent qu’il serait possible de développer des vaccins administrés par le nez pour renforcer l’immunité directement à la porte d’entrée du virus.
Avant d’atteindre les poumons, la bataille avec les agents pathogènes commence dans le nez. En effet, le nez joue un rôle essentiel dans la défense contre les infections respiratoires. Grâce aux poils et au mucus, qui contient des substances antimicrobiennes, les particules, comme la poussière, les allergènes, les bactéries ou les virus, sont piégés. Ensuite, ces derniers sont, avec le mouvement des cils, déplacés vers la gorge et détruit par les sucs gastriques. De plus, le nez, qui réchauffe et humidifie l’air inspiré, peut provoquer des réflexes d’éternuements afin d’expulser rapidement les germes.
Grippe : les cellules mémoires persistent dans le nez et se réactivent en cas d’une nouvelle exposition au virus
"Les lymphocytes T CD4 mémoires dans les tissus constituent des composants essentiels du système immunitaire adaptatif impliqués dans la prévention de l'infection par les virus, comme celui de la grippe A qui continue de représenter une menace pour la société en provoquant chaque année des cas de morbidité et des décès. Malgré leur importance, leur rôle physiologique dans les voies respiratoires supérieures, premier site de contact avec les agents pathogènes, reste mal connu", ont indiqué des chercheurs de l’université de Göteborg (Suède). C’est pourquoi ces derniers ont mené une étude publiée dans la revue Journal of Experimental Medicine.
Dans le cadre de leurs travaux, l’équipe s’est rendu compte que ces cellules immunitaires nasales persistent dans les tissus après une infection respiratoire, notamment grippale ici. Lorsque l’organisme est de nouveau exposé au virus de la grippe, les lymphocytes T CD4 mémoires se réactivent rapidement et aident d’autres composantes du système immunitaire à combattre l’infection. Autre constat : elles peuvent réduire la réplication virale dans le nez et ainsi contribuer à une meilleure protection contre la maladie. En outre, ces cellules réduisent la charge virale et pourraient aider à protéger contre les formes graves de la maladie, d’après des expériences menées sur des souris. "Cela signifie que le système immunitaire peut réagir directement au point d'entrée du virus dans l'organisme", a déclaré Nimitha R. Mathew, co-auteure principale des recherches.
Les lymphocytes T CD4 mémoires "ne suffisent pas toujours à stopper complètement le virus"
Par la suite, les auteurs ont aussi analysé des cellules de la muqueuse nasale d'adultes en bonne santé et y ont trouvé le même type de cellules mémoires spécifiques à la grippe. En clair, les êtres humains bénéficient également d'une défense immunitaire locale similaire. "De nombreuses personnes possèdent probablement déjà ce type de cellules mémoire dans leur nez à la suite de précédentes infections, mais elles ne suffisent pas toujours à stopper complètement le virus. L’intérêt majeur de nos découvertes réside dans le fait que nous savons désormais quelles cellules immunitaires peuvent limiter la propagation du virus dès le début de l’infection. Ces connaissances pourront être mises à profit lors du développement de futurs vaccins nasaux", a conclu Davide Angeletti, qui a participé à l’étude.



