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Stress

Une mauvaise ambiance familiale vous ferait-elle vieillir plus vite ?

Elles pourraient favoriser l’inflammation, la dépression et les maladies : une étude révèle que les tensions relationnelles au sein des familles, sources de stress, pourraient accélérer le vieillissement cellulaire.

Une mauvaise ambiance familiale vous ferait-elle vieillir plus vite ? JackF / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude américaine montre que certaines relations difficiles pourraient accélérer le vieillissement biologique.
  • Les membres de la famille seraient les plus associés à ce phénomène, devant les collègues ou les conjoints.
  • Le stress chronique généré par ces relations pourrait favoriser inflammation, dépression et maladies.

Un coup de téléphone qui tourne systématiquement à la critique, un frère ou une sœur toujours source de tensions, un parent qui crée sans cesse des conflits... A quel point les relations familiales difficiles ont-elles un impact direct sur notre santé ? Une nouvelle étude américaine, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), ravive le débat en suggérant que ces tensions familiales, sources de stress, pourraient aller jusqu’à accélérer le vieillissement biologique.

Des relations familiales qui pèsent sur l’organisme

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les données d'une vaste enquête menée dans l’Etat de l’Indiana auprès de 2.345 adultes âgés de 18 à 103 ans. Leur objectif : comprendre si certaines relations sociales peuvent influencer le vieillissement biologique. Pour cela, ils ont étudié l’ADN extrait d’échantillons de salive grâce à deux outils scientifiques reconnus, "GrimAge2" et "DunedinPACE". Ces méthodes permettent de mesurer les modifications chimiques de l’ADN associées au vieillissement cellulaire. Autrement dit, elles évaluent l’âge biologique réel du corps (par opposition à l’âge chronologique) et la vitesse à laquelle les cellules se détériorent. En parallèle, les participants devaient également identifier les personnes de leur entourage qui les "harcelaient" régulièrement, c’est-à-dire celles qui provoquaient souvent des problèmes ou rendaient leur vie plus difficile, peut-on lire dans un communiqué.

Résultat : environ 29 % des participants ont déclaré avoir au moins une personne difficile dans leur entourage proche. Et ce sont surtout les membres de la famille – parents, enfants ou frères et sœurs – qui présentent le lien le plus fort avec un vieillissement biologique accéléré. Dans le détail, il apparaît que la présence d’un tel proche est associée à un âge biologique d’environ un an de plus que celui de personnes du même âge chronologique. Chaque individu dit difficile supplémentaire dans son entourage serait lié à environ neuf mois de vieillissement biologique en plus, ainsi qu’à une augmentation d’environ 1,5 % du rythme de vieillissement cellulaire par an.

Les données montrent aussi que chaque personne "toxique" dans l’entourage est associée à davantage de symptômes dépressifs et anxieux, à un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé et à une fréquence accrue de maladies chroniques. Autre fait notable et "surprise" : les conjoints particulièrement conflictuels ne montrent pas d’effet statistiquement significatif dans cette étude, contrairement aux autres membres de la famille.

Le stress chronique et ses répercussions sur la santé

Comment expliquer cette association entre tensions familiales et vieillissement prématuré ? Les chercheurs soulignent que les liens familiaux, très ancrés socialement et donc très difficiles à rompre, peuvent "devenir une voie vers le stress chronique" lorsqu’ils sont conflictuels. Or, ce stress prolongé activerait en permanence les systèmes d’alerte de l’organisme, entraînant la libération d’hormones comme le cortisol et l’adrénaline. Un mécanisme qui, à long terme, favorise l’inflammation et fragilise plusieurs fonctions du corps.

A noter enfin, selon les auteurs de l’étude, que les relations familiales difficiles touchent davantage certaines populations : les femmes, les personnes ayant vécu des expériences négatives durant l’enfance ou celles déjà en moins bonne santé déclarent plus souvent avoir ce type de relations. Un phénomène que les chercheurs décrivent comme une forme "d’inégalité relationnelle".

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