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Cancer du sein : un test sanguin peut prédire la réponse au traitement

Des chercheurs ont mis au point un test sanguin capable de déterminer la réponse de la patiente atteinte d’un cancer du sein aux thérapies ciblées avant même le début du traitement.

Cancer du sein : un test sanguin peut prédire la réponse au traitement Mariia Vitkovska/istock




L'ESSENTIEL
  • Un test sanguin peut prédire dans quelle mesure les patientes atteintes d'un cancer du sein avancé vont répondre aux thérapies.
  • Il mesure le taux d'ADN tumoral circulant présent dans le sang.
  • Ce test permet d'éviter de poursuivre des traitements qui ne fonctionnent pas et de proposer plus rapidement une autre alternative thérapeutique.

Chimiothérapie, immunothérapie, radiothérapie… face à un cancer du sein, plusieurs traitements sont possibles. Mais il est bien difficile de prédire s’ils rencontreront le succès. Afin d’éviter de poursuivre des soins ayant peu de chance d’aboutir et donc gagner un temps précieux, les chercheurs de Breast Cancer Now Toby Robins Research Centre de l'Institute of Cancer Research (ICR) ont mis au point un test sanguin capable de prédire la réponse de la patiente avant le début du traitement.

Ce nouvel outil prédictif a été présenté dans la revue Clinicat Cancer Research

Un faible taux d’ADN tumoral circulant dans le sang lié à l’efficacité du traitement

En étudiant l'ADN tumoral circulant (ADNtc), un biomarqueur provenant des cellules cancéreuses qui est libéré dans le sang, l’équipe a découvert qu’il présentait un lien avec la réponse au traitement du cancer du sein. Pour cette étude, les chercheurs ont suivi 167 femmes ayant une tumeur mammaire maligne et les ont regroupées en fonction de la nature de leur cancer et des mutations génétiques.

Le premier groupe était composé de malades dont les tumeurs mammaires avaient une mutation ESR1, HER2, AKT1, AKT ou PTEN, et qui ont reçu des traitements ciblés correspondant à ces mutations. Le deuxième était constitué des personnes atteintes d'un cancer du sein triple négatif et sans mutation ciblable. Ces dernières ont reçu une combinaison d'inhibiteurs de PARP (olaparib) et d'inhibiteurs d'ATR (céralasertib). Des prises de sang ont été effectuées chez toutes les participantes avant le début de leurs soins et 4 semaines plus tard.

Chez les femmes touchées par un cancer du sein triple négatif, un des cancers les plus virulents, les analyses ont révélé que présenter de faibles niveaux d'ADNtc avant le début du traitement était associé à une survie sans aggravation de la maladie plus longue : 10,2 mois, contre 4,4 mois. Dans ce groupe, le pourcentage de patientes ayant répondu au traitement – ​​c’est-à-dire ayant vu leurs tumeurs diminuer ou disparaître – était de 40 % pour celles présentant de faibles niveaux d’ADNtc, contre 9,7 % pour celles ayant des niveaux plus élevés.

Un lien similaire a été trouvé pour le groupe réunissant les autres cancers du sein. Toutefois, l’association était moins forte.

Lors des tests faits après 4 semaines de traitement, les scientifiques ont remarqué que les membres du groupe réunissant les cancers liés aux mutations ESR1, HER2, AKT1, AKT ou PTEN qui avaient un ADNtc indétectable obtenaient des résultats particulièrement favorables. "Leur cancer a été maintenu en rémission pendant 10,6 mois, contre 3,5 mois pour ceux dont l'ADNtc était encore détectable", notent les auteurs dans leur communiqué. Dans le détail, 46,2 % des malades qui présentaient de faibles niveaux après quatre semaines ont répondu au traitement, contre 7,9 % de celles dont les niveaux du biomarqueur restaient élevés.

Pour le cancer triple négatif, l'analyse sanguine réalisée après quatre semaines de traitement a également mis en évidence une forte corrélation entre les taux d'ADN tumoral circulant et l'évolution clinique des patientes. Celles qui avaient un taux d’ADNtc indétectable restaient en rémission pendant 12 mois, contre 4,3 mois pour les malades chez qui le biomarqueur avait été détectable. La réponse au traitement était aussi significativement plus élevée chez les personnes ayant un très faible niveau de l’ADN tumoral circulant : 85,7 %, contre seulement 11,4 %.

Pouvoir changer rapidement de traitement en cas de besoin

"Notre étude montre qu'un simple test sanguin mesurant l'ADN tumoral circulant peut fournir une prédiction précoce de la réponse du cancer du sein d'une patiente au traitement", a expliqué la Dr Iseult Browne, chercheuse à l'ICR et première auteure de l’étude au journal britannique The Guardian. "Savoir cela au stade le plus précoce – dans ce cas, au début du traitement, ou après seulement quatre semaines – signifie que nous pouvons éviter de donner aux malades des médicaments qui ne fonctionneront pas et leur fournir des alternatives avant que leur cancer n'ait une chance de se développer", ajoute-t-elle.

"Par exemple, elles pourraient recevoir une thérapie ciblée alternative, une combinaison de médicaments, ou même être inscrits à un essai clinique pour tester un nouveau médicament. Des essais sont maintenant en cours pour voir si l'adaptation du traitement d'une patiente sur la base de ces tests sanguins précoces améliore effectivement ses résultats – lui donnant plus de temps pour vivre avec son cancer tenu à distance."

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