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Rechute

A quoi sert l’hormonothérapie dans le cancer du sein ?

Prescrite après les traitements initiaux du cancer du sein, l'hormonothérapie agit en bloquant les hormones qui nourrissent certaines tumeurs. Longue et parfois lourde, elle reste une arme cruciale contre les rechutes.

A quoi sert l’hormonothérapie dans le cancer du sein ? Pranithan Chorruangsak / istock




L'ESSENTIEL
  • L'hormonothérapie bloque les hormones qui stimulent certains cancers du sein.
  • Elle réduit fortement les risques de rechute.
  • L'hormonothérapie peut toutefois avoir certains effets indésirables.

Cinq ans. C'est le temps qu'il aura fallu à Carla Bruni-Sarkozy pour achever son hormonothérapie, annoncée publiquement en décembre 2025. Diagnostiquée d'un cancer du sein en 2019, l'ex-Première dame a suivi le parcours classique : chirurgie, radiothérapie, puis traitement hormonal au long cours. Un choix thérapeutique qui met la lumière sur l’intérêt de l'hormonothérapie dans les cancers du sein dits hormono-dépendants.

Une arme contre les rechutes de cancer du sein

Dans environ 70 % des cancers du sein, les cellules tumorales se développent sous l'effet des hormones, notamment les œstrogènes. Ces hormones, naturelles chez la femme, agissent comme un carburant pour la croissance des cellules cancéreuses. Comme l’explique l’Institut Curie, l'hormonothérapie consiste à bloquer ce mécanisme en inhibant la production ou l'action des hormones. On parle alors de traitement anti-hormonal, prescrit le plus souvent après la chirurgie et la radiothérapie. "Malgré ses effets secondaires assez agressifs, je suis reconnaissante à la science d'avoir inventé l'hormonothérapie : cela protège efficacement de la rechute", avait témoigné Carla Bruni fin décembre.

Selon l'Institut Curie, l'hormonothérapie permet de réduire de 40 % le risque de récidive et de 30 % le risque de décès. Pour être efficace, elle doit durer au minimum cinq ans, parfois jusqu'à dix ans, voire à vie selon le risque de rechute. Les médicaments, comme le tamoxifène ou les inhibiteurs de l'aromatase (utilisés après la ménopause), doivent être pris quotidiennement par voie orale. Le traitement est personnalisé en fonction du profil de la patiente : statut hormonal, type de tumeur, tolérance au traitement, comorbidités... "En oncologie mammaire, c'est l'un des traitements adjuvants les plus prescrits au monde", confirme le Dr Alfred Fitoussi, chirurgien cancérologue, à Version Femina.

A noter toutefois que, chez près de 40 % des patientes atteintes de cancer du sein métastatique hormono-dépendant, l'efficacité de l'hormonothérapie diminue. En cause : une mutation génétique affectant le récepteur des œstrogènes, ce qui rend les cellules cancéreuses résistantes. L'enjeu majeur des recherches actuelles est donc de détecter ces mutations le plus tôt possible, grâce à des analyses sanguines, afin d'adapter rapidement le traitement.

Des effets secondaires qui peuvent affecter la qualité de vie

L'hormonothérapie n'est toutefois pas sans effets indésirables, des bouffées de chaleur aux douleurs articulaires, en passant par les troubles gynécologiques ou de l'humeur. Le Centre Henri-Becquerel rappelle que la plupart de ces effets secondaires sont liés "au mode d’action du traitement et à son effet anti-hormonal, qui mime ou majore les signes d’une ménopause". Certains disparaissent après quelques mois, mais ils peuvent affecter durablement la qualité de vie. "Ils ne sont pas systématiques : certaines patientes en ont très peu et d’autres les ont quasiment tous...", précise le Dr Fitoussi. Cette mauvaise tolérance explique parfois l'arrêt du traitement "chez ces femmes qui ne peuvent plus vivre normalement".

Le Centre Henri-Becquerel rappelle l’importance d’en parler à son médecin pour ajuster l’hormonothérapie et trouver des alternatives. Car des solutions existent, notamment pour soulager certains effets indésirables : traitements symptomatiques, soutien psychologique, activité physique adaptée, etc.

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