- Parmi les comportements d'autosabotage courants, on retrouve la procrastination, le perfectionnisme et le pessimisme.
- Ces derniers sont adoptés, car le cerveau préfère gérer la certitude d'une menace connue et maîtrisée plutôt que de faire face à la possibilité d'une menace incontrôlable et inconnue.
- Afin d’acquérir de nouvelles habitudes moins nocives, il est essentiel de délibérément reconnaître l’autosabotage et par la suite d’agit de manière bienveillante envers soi-même.
"Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi votre cerveau s'autosabote ? Ou pourquoi vos actions semblent contre-productives, voire destructrices ?" Ce sont les questions abordées par Charlie Heriot-Maitland, psychologue clinicien. Dans son livre, il explore comment le cerveau a évolué pour privilégier la survie au détriment du bien-être mental, créant ainsi des "explosions contrôlées."
3 comportements d'autosabotage
Pour ce faire, il revient, dans un premier temps, sur les comportements d'autosabotage courants. Dans la liste, on retrouve la procrastination, le perfectionnisme et le pessimisme. "Le perfectionnisme fonctionne de manière similaire à la procrastination, mais par des mécanismes différents. Alors que la procrastination détourne l'attention des tâches, les perfectionnistes peuvent faire preuve d'une hyperfocalisation et d'une attention excessive aux détails dans l'espoir d'éviter toute erreur. La principale motivation est souvent d'éviter l'échec, ce qui expose le perfectionniste à un risque de stress et d'épuisement professionnel." Selon le psychologue, l'autocritique représente une autre forme d'autosabotage, poussant une personne à s'améliorer ou à se culpabiliser pour se donner un sentiment de contrôle et d'efficacité.
Procrastination, autocritique, perfectionnisme : des mécanismes de protection
Bien que ces comportements semblent contre-intuitifs, Charlie Heriot-Maitland estime que le cerveau utilise ces petits comportements comme une dose de protection pour prévenir des dommages plus importants. Par exemple, une personne peut procrastiner et se faire du mal, mais tenter d'éviter un échec ou un rejet plus grave. "Notre cerveau est une machine à survivre. Il est programmé non pas pour optimiser notre bonheur et notre bien-être, mais pour nous maintenir en vie. Il a besoin que nous évoluions dans un monde prévisible. Il n'aime pas les surprises. Il ne veut pas que nous soyons pris au dépourvu. Notre cerveau ne peut l'accepter et intervient pour nous proposer des versions plus contrôlées et prévisibles de la menace. Il préfère que nous soyons préparés à recevoir une hostilité que nous avons nous-mêmes engendrée plutôt que de risquer d'y être pris au dépourvu." Dans ces situations, un détournement neurologique, au cours duquel le système de réponse aux menaces du cerveau s'approprie des fonctions cognitives supérieures, telles que l'imagination et le raisonnement, est observé.
Aller de l’avant avec bienveillance envers soi-même
Pour mieux gérer ces comportements d'autosabotage, le spécialiste souligne qu’il est nécessaire d'abord de comprendre leur fonction protectrice, plutôt que de simplement tenter de les éliminer. Cela permet d’exploiter la neuroplasticité du cerveau. "Cela demande du temps, des efforts et de la volonté. Ensuite, la solution pour sortir du cercle vicieux réside dans la bienveillance envers soi-même."


