- Selon l’ARS Île-de-France, quatre familles de polluants organiques persistants (dioxines, furanes, PCB et PFAS), sont présentes dans des œufs de poule issus d’élevages domestiques.
- Les teneurs constatés dépassent le seuil réglementaire qui s’applique aux œufs commercialisés pour au moins une des quatre catégories de polluants recherchés.
- Si les femmes enceintes, les femmes allaitantes et les enfants sont particulièrement exposés, la recommandation de ne pas en consommer vaut pour l’ensemble de la population des communes constituant l’agglomération parisienne.
Dans les villes, des élevages de poules (jardins collectifs, poulaillers pédagogiques dans les écoles, engouement des particuliers disposant d’un jardin privatif, intérêt pour le "recyclage" des déchets de la cuisine, autoproduction, circuits courts…), voient de plus en plus le jour. Ainsi, l’Agence Régionale de Santé (ARS) Île-de-France a décidé de mener une nouvelle étude afin de déterminer s’il existe un risque de surexposition à certaines familles de polluants organiques persistants lié à la consommation d’œufs issus d’élevages domestiques. Pour rappel, en 2022, l’ONG Toxicowatch avait signalé la présence de trois familles de polluants organiques persistants dans des œufs de poulaillers domestiques autour de l’incinérateur d’Ivry.
Une contamination confirmée des œufs de poules d’élevages domestiques par des polluants organiques persistants
Dans le cadre de cette nouvelle étude, 25 sites volontaires, dont 14 situés à proximité des trois principaux incinérateurs de déchets autour de Paris (Ivry-sur-Seine, Issy-Les-Moulineaux, Saint-Ouen) et 11 qui en sont éloignés, ont été examinés. "Cette étude ne concerne pas les productions d’œufs intégrés à une filière commerciale, qui font l’objet de contrôles prévus réglementairement." Les chercheurs se sont concentrés sur les trois principales familles de polluants organiques persistants : les dioxines (PCDD), les furanes (PCDF) et les polychlorobiphényles (PCB). "Des analyses complémentaires, réalisées sur les mêmes échantillons, en avril 2023, ont permis de mesurer les niveaux de contamination des sols et des œufs par une quatrième famille de POP : les composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS)."
Selon les résultats, les quatre familles de polluants organiques persistants, présentant un potentiel effet perturbateur endocrinien, sont retrouvées dans l’ensemble des échantillons de sols et d’œufs analysés. Dans le détail, 23 sur 25 des échantillons examinés dépassent le seuil réglementaire qui s’applique aux œufs commercialisés pour au moins une des quatre catégories de polluants recherchés. Les consommateurs réguliers des œufs autoproduits, soit ceux en mangeant plusieurs fois par semaine pendant plusieurs années, sont soumis à une surexposition par rapport à la population générale. Ces derniers ont donc plus de risques de développer des maladies chroniques, des troubles reproductifs et immunitaires.
"La consommation d’œufs autoproduits non recommandée pour les enfants, les femmes enceintes et allaitantes"
Face à ce constat, l’ARS recommande aux Franciliennes et Franciliens d’éviter la consommation d’œufs de poule issus d’élevages domestiques situés uniquement dans les communes de l’unité urbaine de Paris (soit les 406 communes constituant l’agglomération parisienne). "La consommation d’œufs autoproduits moins d’une fois par semaine reste néanmoins envisageable, mais particulièrement non recommandée pour les enfants, les femmes enceintes et les femmes allaitantes." D’une manière générale, elle conseille aux Français de diversifier leur régime alimentaire, ainsi que leurs sources d’approvisionnement.


