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Interview

Journée mondiale de Parkinson : symptômes, traitements, facteurs de risque

Par Mathilde Ledieu

Le Pr Marc Verny est neurologue et gériatre à la Pitié-Salpétrière (Paris). À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la maladie de Parkinson, il fait le point sur cette maladie neuro-dégénérative qui touche 300 000 personnes en France. 

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- Pourquoi docteur : Quels sont les signes de la maladie de Parkinson qui peuvent alerter ?

Pr Marc Verny - Un ralentissement moteur ou une fatigue qui dure. Il faut également penser à la maladie de Parkinson quand un patient présente une dépression résistante qui ne répond pas bien aux traitements. 

- Quels sont les traitements actuellement disponibles ?

Le Modopar et le Simenet, qui sont des médicaments de dopathérapie. En introduisant ce traitement de manière progressive et lente, on a, dans la grande majorité des cas, une très bonne tolérance. Il n’est en revanche que symptomatique, c'est-à-dire qu'il permet de limiter pendant plusieurs années la survenue de phases gênantes de la maladie (blocages moteur, chutes, troubles neurocognitifs etc). 

- Quels troubles entraîne la maladie de Parkinson ?

À côté des troubles moteurs, la maladie de Parkinson est à l’origine de troubles non moteurs, qui peuvent être : une constipation opiniâtre ; des troubles du sommeil ; des troubles psychiatriques (anxiété, dépression, hallucinations visuelles) ; des problèmes d’hypotension orthostatique ; des troubles vesico-sphinctériens. 

De manière encore trop fréquente, la maladie de Parkinson reste assimilée à un patient qui tremble, alors que ce n'est souvent pas le cas. 

- Quels sont les examens à faire pour dépister la maladie ?

Autant chez des patients jeunes, les neurologues spécialisés en mouvements anormaux disent de façon très régulière qu’il n’y a pas besoin de faire des examens complémentaires (scanner ou IRM), autant dans la population âgée, c’est faux. Il faut faire une imagerie cérébrale, parce que c’est important de regarder si le malade présente des lésions micro-vasculaires.

- Quelles est la différence entre la maladie de Parkinson et la maladie à Corps de Lewy ?

La maladie de Parkinson s’exprime principalement au niveau moteur, puis viennent après de nombreuses années d’évolution les troubles cognitifs. Alors que la maladie à Corps de Lewy s’exprime d’emblée par une atteinte cognitive plus ou moins associée à un syndrome parkinsonien. Nous sommes un certain nombre à considérer qu’il s’agit de la même maladie, mais avec une expression clinique différente. 

- La maladie de Parkinson est-elle une maladie héréditaire ?

Comme beaucoup de maladies neurodégénératives, dans de rares cas, il s’agit d’une forme héréditaire. Ces formes sont à l’origine de cas précoce (avant 60 ans), voire très précoce : on parle alors de "maladie de Parkinson juvénile".

- Y a t-il de plus en plus de personnes souffrant de la maladie de Parkinson ?

Oui, il y a de plus en plus de cas. La raison de cette évolution n’a pas clairement été identifiée à ce jour.

- Y a t-il des facteurs favorisant la survenue de la maladie ?

C’est une pathologie qui est liée à l’âge, c’est-à-dire que plus on vieillit, plus on a de risque de développer la maladie de Parkinson. Il a également clairement été prouvé qu’une exposition aux pesticides favorisait son apparition. Par ailleurs, nous savons bien maintenant que les facteurs de risque vasculaire sont des éléments qui vont être associés à une évolution plus rapide de la pathologie. 

- Quelle est l’espérance de vie des patients souffrant de la maladie de Parkinson ?

Quand la maladie est dépistée à l’âge de 65 ans, il n’est pas rare maintenant de voir des patients qui vivent encore 20 ans. En pratique, on sait que la maladie de Parkinson a toutefois un retentissement sur l’espérance de vie.

On sait aussi que les patients qui vont commencer leur maladie de façon tardive (vers l’âge de 80/85 ans), vont avoir une évolution plus rapide des symptômes. 

- Le sport présente-t-il des bienfaits vis-à-vis de la maladie de Parkinson ?

Des études récentes semblent montrer que le patient Parkinsonien qui maintient une activité physique importante aurait une évolution moins rapide de sa maladie. 

- Quel réflexe doit adopter le gériatre ?

Chez un patient âgé qui perd en autonomie motrice, il faut se poser la question de la maladie de Parkinson, qui reste encore sous diagnostiquée, car il y a toujours cette idée persistante que "c’est normal quand on est vieux d’être ralenti". Il arrive régulièrement que l’on découvre des patients parkinsoniens à un stade déjà évolué parce qu’ils ont fait des chutes.