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Covid-19 : la multiplication des prélèvements nasopharyngés est-elle dangereuse ?

Par Mathilde Debry

Ecole, voyage, cas contact... Avec l'explosion des cas de Covid-19, les tests se multiplient et mettent nos nez à rude épreuve. Au point que l'Académie nationale de médecine met en garde contre les prélèvements nasopharyngés.

Basilico Studio Stock / istock.
Le prélèvement nasopharyngé suivi de la détection du génome viral par RT-PCR est devenu la méthode de référence pour le diagnostic de l’infection par le SARS-CoV-2.
L’écouvillonnage nasal est également nécessaire pour la réalisation d’un test antigénique.

Des tests, des tests et encore des tests. Avec la vague Omicron et l’explosion des cas de Covid-19, pas moins de 1,6 million de prélèvements nasopharyngés PCR ou antigéniques ont été effectués la semaine dernière.

Un risque de méningite

"Devant la multiplication et la répétition des prélèvements, parfois effectués dans des conditions inadaptées, il importe de rappeler les précautions à observer et les risques encourus", explique l’Académie de médecine dans un communiqué. Si certaines complications peuvent être considérées comme bénignes (désagrément, douleur ou saignement), de graves conséquences commencent à être décrites dans la littérature médicale depuis quelques mois, notamment des brèches de l’étage antérieur de la base du crâne associées à un risque de méningite.

Les bonnes pratiques à respecter

Afin de ne pas négliger le risque lésionnel induit par la banalisation des prélèvements nasopharyngés, les scientifiques rappellent les bonnes pratiques à respecter :
- s’enquérir, avant tout prélèvement, d’éventuels antécédents accidentels ou chirurgicaux de la sphère ORL pouvant modifier l’anatomie des cavités nasales et sinusales, notamment les interventions concernant la cloison, le cornet nasal inférieur et les sinus de la face ;
- ne pas placer la tête du patient en hyperextension lors du prélèvement, mais la maintenir en position naturelle, le menton parallèle au sol ;
- introduire l’écouvillon en suivant horizontalement le plancher de la cavité nasale et ne le dévier en aucun cas vers le haut, en direction de la base du crâne.

Des prélèvements salivaires pour les enfants

Les médecins recommandent également  de réserver la pratique des prélèvements nasopharyngés aux professionnels de santé formés pour la réalisation de ce geste dans des conditions techniques rigoureuses ; de mettre en garde les utilisateurs d’auto-tests, l’auto-prélèvement pouvant exposer à de faux négatifs lorsque l’écouvillonnage est trop timide et superficiel, mais pouvant aussi devenir dangereux lorsque l’écouvillonnage est trop profond et dirigé dans la mauvaise direction ; et enfin de privilégier les prélèvements salivaires chez les enfants pour leur sécurité et leur acceptabilité.

De quoi peut-être enfin permettre aux parents et à leur progéniture de mieux vivre la multiplication des tests due au protocole sanitaire dans les écoles ?