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Testostérone

L’abus de stéroïdes anabolisants pourrait nuire à la fonction testiculaire

Par Geneviève Andrianaly

L’utilisation abusive des stéroïdes androgènes anabolisants (SAA) pourrait altérer, pendant des années, la fonction des cellules de Leydig, qui se développent dans les testicules et sécrètent des quantités croissantes de testostérone.

GeorgeRudy/iStock
Les hommes, qui abusent des stéroïdes androgènes anabolisants, auraient des faibles taux de facteur 3 analogue à l'insuline (INSL3), un marqueur biologique prometteur de la fonction testiculaire.
Ce taux faible d’INSL3 suggère une altération de la fonction testiculaire, plus précisément des cellules de Leydig, développées dans les testicules, qui produisent la testostérone.

Ils sont utilisés illégalement par certains sportifs pour augmenter la production de protéines dans les cellules, la force et la masse musculaire. Les stéroïdes androgènes anabolisants (SAA), considérés comme des produits dopants par l’Agence mondiale anti-dopage, sont une classe d’hormone liée à une hormone mâle : la testostérone.

Ces produits sont connus pour être néfastes pour le cœur et le cerveau. Récemment, des chercheurs danois ont révélé, dans une étude, que les hommes qui en abusent pourraient voir leur fonction testiculaire altérée pendant de nombreuses années. Les résultats de leurs travaux, soutenus par l’organisation Anti Doping Danemark, ont été publiés dans la revue The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism.

L’INSL3, "un marqueur biologique prometteur de la fonction testiculaire"

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont identifié une hormone fabriquée par les cellules de Leydig, à savoir des cellules des testicules qui produisent la testostérone, comme un marqueur biologique prometteur de la fonction testiculaire. "Comme les taux sanguins de testostérone peuvent varier considérablement au cours de la journée et en fonction de la composition corporelle, le Dr Rasmussen et ses collègues étudient un marqueur plus stable que la testostérone, appelé facteur 3 analogue à l'insuline (INSL3)", peut-on lire dans un communiqué.

Les auteurs de l’étude ont mené leurs recherches auprès de 132 hommes âgés de 18 à 50 ans qui faisaient de la musculation à titre récréatif. Les participants ont été répartis en trois groupes. Le premier, composé de 46 personnes, utilisait des stéroïdes androgènes anabolisants au moment de l’étude. Dans le deuxième groupe, les participants n’avaient plus recours à ces produits. Le reste des hommes n’ont jamais utilisé des stéroïdes anabolisants.

Des taux faibles d’INSL3 chez les utilisateurs de stéroïdes

Selon les résultats, le taux d’INSL3 était plus faible chez les anciens utilisateurs de stéroïdes et les personnes qui avaient recours à ces produits au moment de l’étude que chez les hommes n’ayant jamais pris des stéroïdes. Les chercheurs ont constaté que plus la durée d'utilisation des stéroïdes était longue, plus les taux d'INSL3 était faible."Nos résultats suggèrent une altération durable de la capacité gonadique (l'organe sexuel qui produit des gamètes) chez les anciens utilisateurs de stéroïdes anabolisants", a déclaré Jon J. Rasmussen, auteur principal des travaux.

D’après le chercheur, ces travaux "soulèvent la question de savoir si certains anciens utilisateurs de stéroïdes anabolisants devraient recevoir une thérapie de stimulation médicale pour augmenter la capacité des cellules de Leydig dans les testicules."