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Comprendre la Covid-19

Les glandes salivaires, un réservoir du coronavirus ?

Par Mégane Fleury

La Covid-19 infecte les tissus qui permettent de fabriquer la salive, puis s’y réplique. 

ChiccoDodiFC/istock
La Covid-19 est fortement présente dans la salive.
Même chez les personnes âgées, chez qui les tissus salivaires sont moins nombreux, la quantité de virus présente est importante.
Les chercheurs brésiliens travaillent sur un test permettant de détecter le virus directement dans la salive.

Le nouveau coronavirus, appelé SARS-CoV-2, n’a pas encore livré tous ses secrets. Dans Journal of Pathology, une équipe de recherche brésilienne a découvert un nouvel élément permettant de mieux le comprendre : la salive. "C’est la première fois qu’une étude montre la capacité d’un virus respiratoire à infecter des glandes salivaires et à s’y répliquer", annonce Bruno Fernandes Matuck, l’auteur principal de cette recherche. Selon lui, cette découverte pourrait expliquer pourquoi le virus est si contagieux. 

Des traces du virus dans les tissus salivaires 

Précédemment, le chercheur et son équipe ont constaté que le virus était présent dans les tissus parodontaux d’un patient décédé de la Covid-19. Dans la mesure où le SARS-CoV-2 se propage très rapidement en comparaison aux autres virus respiratoires, ils ont soulevé une hypothèse : le virus se réplique dans les glandes salivaires. Pour la tester, ils ont réalisé des autopsies sur 24 personnes, décédées de la maladie. Différents tissus ont été prélevés : ceux des glandes salivaires mineures, parotides et sous-mandibulaires. L’analyse moléculaire a démontré la présence du virus dans deux tiers de ces tissus. "L’examen grâce à un microscope électronique a détecté, pas seulement la présence du virus, mais également sa reproduction dans les cellules", précisent les auteurs de l’étude. Le virus n’est pas présent de manière passive dans les cellules des glandes salivaires, mais il les utilise pour s’y répliquer. 

La bouche, porte d’entrée du virus ? 

L’arme de SARS-CoV-2 pour contaminer et se répliquer est la protéine spike : elle lui permet de s’accrocher aux récepteurs ACE2, et d’infecter ensuite les cellules. Des études précédentes menées sur les animaux ont montré que d’autres récepteurs peuvent être la cible du virus, notamment la protéine furine, et la protéase transmembranaire 2 (TMPRSS2). Ces deux dernières sont présents dans les glandes salivaires. L’équipe de recherche brésilienne désire tester une autre hypothèse : la bouche est-elle un point d’entrée du virus ? "Nous allons développer un partenariat avec des scientifiques de l’université de Caroline du Nord aux États-Unis pour cartographier la présence de ces récepteurs dans la bouche et quantifier la réplication virale dans les tissus oraux", conclut Luiz Fernando Ferraz da Silva.