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Ordre des pharmaciens

Vente de médicaments sur Internet : 40 sites illégaux identifiés

Par Bruno Martrette

Les médicaments n’échappent pas aux arnaques sur Internet. C'est à présent plus de quarante sites illégaux qui sont soupçonnés de vendre des contrefaçons aux internautes.

JAUBERT/SIPA

Le compteur ne cesse de s'affoler et l'inquiétude monte ! De nouveaux sites internet illégaux de vente en ligne de médicaments viennent en effet d'être identifiés, a indiqué jeudi à l'Agence presse médicale (APM) le vice-président du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens, Jacques Fortuit. « Quand nous avons porté plainte, 11 sites illégaux ont été cités. Aujourd'hui, nous en sommes à plus de 40, et nous ne nous faisons aucune illusion sur la forme exponentielle de la courbe », a-t-il indiqué.

Mercredi, l'Ordre annonçait il est vrai avoir porté plainte contre 11 sites internet soupçonnés de vendre des médicaments en ligne sans en avoir reçu l'autorisation. Selon ses premières investigations, ces plates-formes basées à l'étranger essayaient habilement de tromper l’internaute en se faisant passer pour des sites autorisés. Comme les sites officiels doivent être adossés à une pharmacie en dur, les fraudeurs s'étaient donc choisis des noms de domaines qui correspondaient à de vraies pharmacies. Elles avaient ouvert un site internet il y a plusieurs années pour présenter leur officine et l’avaient abandonné depuis, leur nom retombant alors dans le domaine public.
« Nous n'imaginions pas que nous aurions aussi vite ce genre de problèmes. Cela faisait partie des sujets que nous devions traiter à la rentrée avec le ministère des Affaires sociales et de la Santé mais du coup les choses se sont accélérées », a avoué Jacques Fortuit à l'Agence.
Pour le moment, les noms des nouveaux sites illégaux ont été transmis à l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique. Une enquête va maintenant être ouverte.
« Nous allons voir comment tout va s'organiser. Nous avons donné l'alerte, c'est maintenant à la gendarmerie de faire l'enquête. Il s'agit de réseaux internationaux qu'il va falloir démanteler », a poursuivi le vice-président.

Alors, pour tenter de protéger au mieux les patients contre ce commerce illégal, le ministère de la Santé a rappelé mercredi dans un communiqué les règles en vigueur. Parmi elles, seuls les médicaments non soumis à prescription médicale obligatoire sont autorisés à la vente par Internet. Les sites commercialisant des produits soumis à prescription, comme le traitement de la dysfonction érectile Viagra, sont donc illégaux. Les prix très bas sont également un signal d'alerte sur de possibles contrefaçons.

En outre, le ministère indique que la liste des sites autorisés figure sur son site de même que sur celui de l’Ordre des pharmaciens. Les internautes sont donc invités à vérifier que le site sur lequel ils naviguent est au nombre des plates-formes légales.
Enfin, il est rappelé que les achats de médicaments sur des sites non autorisés exposent les patients à des risques sanitaires. « Les médicaments contrefaits, qui sont principalement écoulés par Internet, sont dangereux car ils peuvent contenir des principes actifs en surdosage, sous-dosage ou des substances toxiques », conclut le ministère.