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Environnement

Pollution : les particules fines atteignent le placenta des femmes enceintes

Par Johanna Hébert

Les particules fines présentes dans l’air peuvent atteindre le placenta des femmes enceintes. C’est le résultat d’une étude menée en Belgique et publiée dans la revue Nature Communications. 

cosmin4000 / istock

Nous connaissons une partie des conséquences liées à la pollution de l’air et aux particules fines, notamment sur le coeur. Mais jusqu’où se logent ces particules dans notre corps ? Des chercheurs belges, de l’université de Hasselt et de l’université catholique de Louvain, montrent dans une étude que des particules de carbone suie se retrouvent à l’intérieur des placentas de femmes après leur accouchement. Il s’agit de polluants issus de la combustion de bois, d’essence, de diesel et de charbon. L’étude est publiée dans la revue Nature Communications.

Le lieu de résidence joue un rôle

Les chercheurs ont réalisé cette étude sur les placentas de vingt femmes non-fumeuses, récupérés dix minutes après l’accouchement. Grâce à une technique d’imagerie par laser, ils ont découvert la présence de particules de carbone suie dans ces placentas. Pour aller plus loin, l’équipe scientifique a ensuite voulu savoir si le taux de pollution du lieu de résidence jouait un rôle sur la quantité de particules fines retrouvées dans le placenta.

Sur les 20 participantes, dix vivaient dans une zone fortement exposée au carbone suie. L’autre moitié vivait dans une zone faiblement exposée. Sans grande surprise, le taux de particules fines était plus de deux fois supérieur dans les placentas des femmes vivant dans un lieu de résidence très exposé à la pollution. Le taux était d’environ 20 900 particules par millimètres cube, contre 9 500 chez les femmes moins exposées à la pollution.

Des risques pour le foetus ?

Comment ces particules arrivent jusqu’au placenta ? Les chercheurs belges estiment qu’elles proviennent d’abord des poumons de la mère. Elles se déplaceraient jusqu’au placenta par la circulation sanguine. On peut donc imaginer que par la suite, ces particules fines pourraient atteindre le sang du foetus lui-même.

Cela pourrait "expliquer le mécanisme des effets nocifs de la pollution dès les tous premiers stades de la vie", avancent les chercheurs. Petits poids de naissance, retards de croissance ou encore troubles métaboliques ont déjà été associés à une exposition aux polluants atmosphériques. "Jusqu’à présent, on ne sait toujours pas exactement comment ces effets indésirables sont provoqués chez le foetus", déplorent les chercheurs. Deux pistes ont déjà été avancées: un mécanisme indirect, comme une "inflammation intra utérine" ou un mécanisme direct, comme le déplacement des particules fines de l’air jusqu’au foetus.

Selon une récente étude, 8,8 millions de personnes meurent à cause de la pollution chaque année dans le monde.