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QUESTION D'ACTU

Exposition aux particules fines et au carbone noir

Pollution : la proximité d’une route à fort trafic engendre de l’asthme chez les enfants

Selon une nouvelle étude, les enfants vivant à proximité de routes fréquentées ont trois fois plus de risques de souffrir d’asthme que leurs camarades. Les enfants en bas âge et les filles sont les plus vulnérables. 

Pollution : la proximité d’une route à fort trafic engendre de l’asthme chez les enfants bubutu-/iStock

  • Publié 04.05.2018 à 08h30
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Chaque année, la pollution de l'air est responsable de 5,5 millions des 9 millions de décès causés par la pollution, ce qui en fait la principale cause de mortalité par pollution dans le monde.

De nombreuse études soulignent déjà les effets délétères de la pollution et de la circulation automobile sur la santé respiratoire, notamment celle des enfants, avec des pourcentages d'asthme et d’allergie aux pollens grimpant de 20 à 30 %. Ces nouveaux travaux, publiés à l’occasion de la Journée mondiale de l’asthme dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology, ne risquent pas de rassurer les parents. Réalisés par des chercheurs du Beth Israel Deaconess Medical Center (BIDMC) et de l’école de santé publique d’Harvard TH Chan, elle met en effet en évidence l’impact de la pollution de l’air liée au trafic automobile sur l’asthme infantile.

Particules fines et carbone noir

"Nos précédentes recherches ont démontré que vivre près d'une route importante et l’exposition à vie aux polluants atmosphériques étaient associés à une fonction pulmonaire plus faible chez les enfants de sept à dix ans", explique le Dr Mary B. Rice, principale auteure de l’étude et médecin pulmonaire au BIDMC. "Nos pensions que ces expositions seraient également associées à l’asthme infantile."

Pour le découvrir, le Dr Rice et ses collègues ont analysé les données de 1 522 enfants de la région de Boston nés entre 1999 et 2002 dont les mères s'étaient inscrites à une étude à long terme appelée Project Viva, établie pour examiner comment les facteurs comportementaux et environnementaux (le sommeil, les habitudes alimentaires, l'exposition à la pollution) ont un impact sur la santé des enfants. Dans le cadre du Projet Viva, les mères ont fourni des renseignements médicaux, socioéconomiques et démographiques complets, y compris les adresses résidentielles.

Les chercheurs ont ensuite procédé à l’étude de plusieurs données. D’abord, ils ont déterminé la distance entre l’adresse du domicile de chaque enfant et la route importante la plus proche. Ils ont également relié les adresses de domicile aux données de recensement et aux données atmosphériques provenant de satellites pour calculer l'exposition quotidienne de chaque enfant aux particules fines (PM), de minuscules particules (de moins de 2,5 micromètres de diamètre) en suspension dans l’air qui, lorsqu’elles sont inhalées, se déposent sur les alvéoles des poumons.

Enfin, les scientifiques ont enfin examiné l’exposition quotidienne des enfants à la suie, un composant des particules fines également connu sous le nom de carbone noir. Cancérogène connu, le carbone noir provient notamment des combustibles incomplètement brûlés et expulsés par les moteurs (notamment des moteurs diesel) et par les centrales électriques.

Trois fois plus d’asthme chez les enfants vivant près d’une route fréquentée

Les résultats mis en lumière par les chercheurs sont sans appel : la proximité d’une route à fort trafic engendre de l’asthme chez les enfants, et ce quel que soit leur âge.

"Les enfants vivant à moins de 100 mètres d'une route importante avaient près de trois fois plus d'asthme entre 7 et 10 ans, comparativement aux enfants vivant à plus de 400 mètres d’une route fréquentée", affirme le Dr Rice. "Même dans la région de Boston, où les niveaux de pollution sont relativement faibles et conformes aux normes de l'Environmental Protection Agency, les polluants liés à la circulation semblent augmenter le risque d'asthme dans l'enfance."

Les filles, particulièrement sensibles à la pollution atmosphérique

Les chercheurs ont constaté que tous les enfants ne sont pas égaux face au risque de développer de l’asthme : les fillettes de 7 à 10 ans sont particulièrement vulnérables à la pollution liée à l’exposition à long terme aux particules fines et au carbone noir, de même que les enfants en bas âge (entre 3 et 5 ans).

"Les jeunes enfants passent une plus grande partie de leur temps à la maison que les enfants d'âge scolaire, et leurs voies respiratoires sont plus petites et peuvent être plus susceptibles de siffler en réponse à la pollution", explique le médecin. "Cela peut expliquer pourquoi l'exposition à la pollution est le plus souvent liée à l'asthme chez les jeunes enfants. Toutefois, d’autres travaux seront nécessaires pour déterminer « si les filles sont plus sensibles à la pollution que les garçons".

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