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Particules fines

Grossesse : la pollution traverse la barrière placentaire et expose le fœtus à l’hypertension artérielle

Les enfants exposés in utero à des niveaux élevés de pollution de l’air pendant le troisième trimestre auraient plus de risques de développer une hypertension artérielle pendant l’enfance, selon une nouvelle étude. Explications.

Grossesse : la pollution traverse la barrière placentaire et expose le fœtus à l’hypertension artérielle Leptospira /iStock

  • Publié 16.05.2018 à 11h25
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La pollution atmosphérique, et en particulier celle aux particules fines affecte la santé cardiovasculaire des enfants avant même qu’ils ne soient venus au monde. C’est ce que met en lumière une inquiétante étude menée par l’American Heart Association. Publiée dans la revue Hypertension, elle montre que les enfants exposés à des niveaux élevés de pollution de l’air pendant le troisième trimestre de grossesse présentent un risque plus élevé d’hypertension artérielle dans l’enfance.

La pollution traverse la barrière placentaire

Les particules fines sont de minuscules particules (de moins de 2,5 micromètres de diamètre) en suspension dans l’air, produites par les véhicules à moteur (notamment diesel) et par la combustion du pétrole, du charbon et de la biomasse. Lorsqu’elles sont inhalées, elles peuvent se déposer sur les alvéoles des poumons et pénétrer le système circulatoire, ce qui nuit à la santé. De nombreuses études antérieures ont montré que l’exposition directe à la pollution de l’air était associée à une pression artérielle élevée chez les enfants et les adultes et qu’elle était un facteur majeur de maladie et de décès prématuré dans le monde.

L’étude de l’American Heart Association va plus loin, puisqu’elle est la première à "montrer que la respiration de l’air pollué pendant la grossesse peut avoir une influence directe sur la santé cardiovasculaire du bébé à naître pendant son enfance", explique Noel T. Mueller, auteur principal de l’étude et professeur adjoint d'épidémiologie à l'école de santé publique Bloomberg de l'Université Johns Hopkins à Baltimore, dans le Maryland. C’est d’autant plus grave que "l’hypertension pendant l'enfance conduit souvent à l'hypertension artérielle à l'âge adulte et l'hypertension est la principale cause de maladie cardiovasculaire", prévient-il.

61% de risques supplémentaires 

Les chercheurs ont examiné 1 293 mères et leurs enfants, dont la pression artérielle a été mesurée chaque année entre 3 et 9 ans. Une pression artérielle systolique (nombre supérieur) était considérée comme élevée si elle était dans les 10% les plus élevés pour les enfants du même âge sur les données nationales. Les chercheurs ont également corrigé d'autres facteurs connus pour influencer la pression artérielle chez les enfants, tels que le poids à la naissance et le tabagisme maternel.

Ils se sont alors aperçus que les enfants exposés à des concentrations élevées de particules fines au cours du 3e trimestre étaient 61% plus susceptibles d’avoir une tension artérielle systolique élevée pendant l’enfance que ceux exposés au plus bas niveau.

Par ailleurs, cette exposition élevée à la pollution atmosphérique pendant le 3e trimestre influe sur le poids de naissance – plus faible -, lui-même associé à une pression artérielle élevée. Enfin, l’exposition d'une femme aux particules fines avant la grossesse n'est pas associée à la pression artérielle de sa progéniture, ce qui prouve l'impact significatif de l'exposition in utero.

"Ces résultats renforcent l'importance de réduire les émissions de particules fines dans l'environnement. Non seulement l'exposition augmente le risque de maladie et de décès chez les personnes directement exposées, mais elle peut aussi traverser la barrière placentaire pendant la grossesse, affecter la croissance du fœtus et augmenter les risques futurs d'hypertension artérielle", analyse le Pr Mueller, qui espère que son étude permettra d’abaisser les normes nationales de qualité de l’air ambiant. "Nous avons besoin de règlements pour garder notre air pur, non seulement pour la santé de notre planète, mais aussi pour la santé de nos enfants."

La pollution modifie l'ADN des bébés avant leur naissance

Comme le révélait une autre étude en janvier dernier, la pollution affecterait également l'ADN des bébés avant leur naissance. Publiée dans Environment International, cette recherche consistait à examiner l'ADN du sang du cordon ombilical des nouveau-nés nés à Tongliang, en Chine, avant et après la fermeture d'une centrale au charbon en 2004.

Les chercheurs ont observé que les bébés nés avant la fermeture de l'usine avaient des télomères plus courts que ceux nés après sa fermeture. Les télomères sont une section spécialisée et essentielle de l'ADN qui permet de copier fidèlement les chromosomes. Finalement, les télomères raccourcis conduisent les copies à être moins fidèles et cela aurait un lien avec le vieillissement, le cancer, les maladies cardiovasculaires, le déclin cognitif et même la mort prématurée.

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